La France sonnée par l'annonce de PSA Peugeot Citroën

12/07/12 à 08:49 - Mise à jour à 08:49

Source: Trends-Tendances

L'annonce jeudi par le constructeur automobile PSA Peugeot Citroën de la suppression de 8.000 emplois et de la fermeture de son usine d'Aulnay, près de Paris, a provoqué un séisme en France qui a pris de plein fouet ce signal de la perte de compétitivité de son industrie.

La France sonnée par l'annonce de PSA Peugeot Citroën

© Image Globe

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a déclaré jeudi en milieur d'après-midi, que le gouvernement "n'accepte pas" le plan de restructuration présenté par le groupe automobile PSA Peugeot Citroën.

"Nous n'acceptons pas en l'état le plan" dévoilé par le premier constructeur automobile français, jeudi lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire, a déclaré M. Montebourg devant le Sénat, sans préciser les moyens de pression que le gouvernement pourrait faire jouer sur le groupe privé.

Ce dernier a nommé un expert, Emmanuel Sartorius, qui doit examiner la situation financière du groupe privé.

"Nous allons demander à PSA d'abord de justifier la situation qui est celle-ci et ensuite d'ouvrir un dialogue social que le Premier ministre a exigé comme étant exemplaire", a poursuivi Arnaud. Montebourg.

"Nous demandons à PSA d'examiner loyalement toutes les autres solutions que celles qu'il a réservées à plusieurs sites de France et notamment à ces milliers de salariés concernés", a-t-il insisté.Le gouvernement s'attendait à cette annonce mais elle n'en a pas moins constitué "un "véritable choc" pour le pays, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, alors qu'une série d'autres plans sociaux se profilent à l'horizon.

Le premier groupe automobile français (100.000 salariés en France) a mis en avant des pertes au premier semestre et une réduction durable des marchés en Europe pour justifier ces décisions qui viennent s'ajouter à des mesures annoncées fin 2011.

Ce nouveau plan prévoit la fin de l'assemblage dans son usine d'Aulnay, aux portes de Paris (3.000 postes), la suppression de 1.400 postes à l'usine de Rennes (Bretagne, ouest) et de 3.600 autres emplois dans ses autres sites.

L'arrêt de la production à Aulnay est la première fermeture d'une usine automobile en France depuis celle de Renault à Boulogne-Billancourt près de Paris en 1992. Elle signe la fin de l'industrie automobile dans la capitale française où elle avait pris son essor au début du XXe siècle.

La fermeture d'Aulnay, qui avait remplacé en 1973 l'usine Citroën du quai de Javel dans l'enceinte même de Paris, était redoutée depuis un an.

Le gouvernement socialiste accuse l'ancien président de droite Nicolas Sarkozy, battu par François Hollande le 6 mai, d'avoir demandé aux entreprises de retarder leurs plans sociaux le temps de la campagne électorale.

Ce plan est "typiquement un de ces plans dont Nicolas Sarkozy a demandé de le retarder plutôt que de trouver des solutions", a déclaré mardi le ministre du Travail Michel Sapin.
Philippe Varin, le patron de PSA, a dit "mesurer pleinement la gravité des annonces" ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent.

Mais selon lui, ces mesures se justifient par "l'ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe". Le constructeur, subit l'échec de sa stratégie de privilégier les petits modèles, comme la C3 assemblée à Aulnay, pas assez compétitifs sur le marché mondial.

"Personne ne sera laissé au bord du chemin", a-t-il promis aux salariés, tout en rejetant l'idée d'un prêt ou d'une entrée de l'Etat au capital de l'entreprise.

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, la principale centrale syndicale, a parlé de "séisme" et annoncé que les salariés allaient "réagir". Des ouvriers d'Aulnay ont débrayé jeudi matin, selon les syndicats.

M. Ayrault a souligné "l'ampleur sans précédent" du plan de PSA et a demandé à la direction du groupe de mener "sans délai" une "concertation".

Il a chargé son ministre du redressement productif Arnaud Montebourg de présenter un plan de soutien à la filière automobile le 25 juillet.

Alors que la désindustrialisation de la France s'est imposée comme l'un des thèmes majeurs du débat politique (400.000 emplois supprimés dans les secteurs manufacturiers au cours des 5 dernières années), le gouvernement a placé la question de la compétitivité des entreprises française au coeur de ses préoccupations.

M. Ayrault a annoncé lors du sommet social réuni lundi et mardi la création d'une mission sur ce thème, qu'il a confiée à l'ancien président d'EADS Louis Gallois.

Il a aussi commencé à lever le tabou du coût du travail en évoquant la possibilité de baisser les charges sociales sur les salaires au profit d'une hausse de la contribution généralisée à l'ensemble des revenus, la CSG.

Mais Jean-François Copé, le chef du parti de droite UMP (union pour un mouvement populaire), a affirmé jeudi que "les premières mesures du gouvernement vont toutes à l'inverse" de l'objectif du soutien de la compétitivité, soulignant qu'il fallait en urgence donner "plus de souplesse dans le marché du travail". Avec Belga

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