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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/09/17 à 13:59 - Mise à jour à 13:59

'La folle rumeur du rachat de Carrefour par Amazon'

La Bourse aime bien les rumeurs et s'en nourrit parfois. La dernière en date, et qui a fait bouger la Bourse de Paris mardi, c'est la rumeur d'une possible OPA d'Amazon, le géant de l'e-commerce, sur Carrefour.

'La folle rumeur du rachat de Carrefour par Amazon'

Jeff Bezos © Reuters

En clair, la rumeur voudrait qu'Amazon achète Carrefour. Elle n'est pas nouvelle et, depuis plusieurs semaines, elle court et enfle au gré des humeurs. Il faut dire que le cours de Carrefour a chuté ces derniers temps et le distributeur français ne vaut plus que 13 milliards d'euros en Bourse, alors qu'Amazon vaut 394 milliards d'euros, soit 30 fois plus ! Résultat des courses: l'action Carrefour a grimpé de 3% mardi à la Bourse de Paris.

Comme je vous le disais, cette rumeur de rachat a commencé en juin dernier quand des analystes de la banque Société Générale avait jugé que parmi les cibles européennes possibles d'Amazon figurait Carrefour. Après tout pourquoi pas, Amazon vient d'acheter l'américain Whole Foods, un groupe de distribution de produits alimentaires bio, pour 13 milliards de dollars. Mais ce mardi, la rumeur a été relancée par un article paru la veille dans le magazine de la droite nationaliste Valeurs Actuelles et qui évoque une rumeur de salle de marché.

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Si Amazon s'intéresse de près à la distribution classique, c'est qu'elle représente encore 90% des ventes, et même 95% dans l'alimentaire !

Une telle opération aurait du sens, car Amazon n'a jamais caché le fait qu'il veut devenir le numéro 1 mondial de la grande distribution, tous canaux confondus. Et si Amazon s'intéresse de près à la distribution classique, c'est que, contrairement à une croyance qui voudrait que tout soit acheté sur Internet, le commerce physique représente encore 90% des ventes dans le monde. Et ce pourcentage dépasse 95% dans l'alimentaire ! Par conséquent, fort de leurs montagnes de cash, les géants du numérique peuvent même envisager d'acheter cash les sociétés de distribution classiques, qui sont en plus fragilisées par leurs très faibles marges en raison de l'importance des frais immobiliers et des charges salariales.

Bref, vous l'avez compris, comme dans toute rumeur, ceux qui y croient et veulent gagner de l'argent en Bourse essaient de se rassurer avec des arguments qui confortent leur opinion. Mais il y a aussi d'autres personnes, y compris des lecteurs de lettres d'information boursières, qui essaient de rester sur terre et se disent qu'une rumeur qui vient d'un journal français n'est pas crédible... Ce serait différent si cela venait du Wall Street Journal ou du Financial Times, des journaux supposés être plus proches des grands décideurs mondiaux, et notamment d'Amazon.

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