La Fnac doit-elle craindre d'être mise en Bourse?

10/10/12 à 09:20 - Mise à jour à 09:20

Source: Trends-Tendances

Faute de trouver un repreneur, PPR va introduire la Fnac en Bourse. Une solution susceptible de rapporter le plus d'argent à terme. Reste à savoir si c'est la meilleure pour le distributeur de produits culturels et technologiques.

La Fnac doit-elle craindre d'être mise en Bourse?

© reuters

Ça y est. Le moment tant redouté est arrivé pour la Fnac, qui sera lâchée en Bourse en 2013. Le groupe PPR l'a annoncé officiellement mardi à l'issue d'un conseil d'administration consacré au projet et après l'avoir exposé en comités centraux d'entreprises, confirmant ainsi des informations de presse. Une opération qui s'effectuera par distribution d'actions aux actionnaires du groupe de luxe. Pourquoi maintenant, et quelles conséquences pour la Fnac et PPR?

Pourquoi PPR veut se séparer de la Fnac?

Ce n'est une surprise pour personne. De longue date, le groupe a décidé son désengagement de la distribution. En 2006 François-Henri, fils de François, dévoile stratégie de recentrage sur le luxe et le sportswear, des activités dont la rentabilité élevée ne s'est pas démentie avec la crise, bien au contraire. Ces six dernières années, le groupe s'est séparé du Printemps (2006), a introduit CFAO (sa filiale de distribution automobile et pharmaceutique en Afrique) en Bourse (2009) et vendu Conforma (2011). Pour achever ce virage stratégique - le groupe réalisait encore la moitié de son chiffre d'affaires dans la distribution en 2008- il ne reste plus qu'à vendre La Fnac et Redcats, les deux rescapées de la distribution. Mais jusqu'à aujourd'hui, PPR n'avait jamais trouvé la bonne fenêtre de tir. Manifestement, les choses ont changé.

L'introduction en Bourse de la Fnac intervient en effet alors que l'enseigne culturelle, engluée dans les difficultés, a retrouvé un peu de souffle ces derniers mois. Financièrement, l'opération serait par ailleurs très alléchante pour les investisseurs. En se séparant de la Fnac, qui représente encore 34% de l'activité du groupe, PPR pourrait présenter son nouveau visage aux investisseurs, et n'aurait plus à consolider dans ses comptes cette filiale qui lui fait perdre de la rentabilité. Ainsi, sans la Fnac la marge d'exploitation de PPR passerait à 18,6% en 2012, contre 13,5% prévu jusqu'à présent, selon Loïc Morvan, analyste chez Bryan Garnier and Co. De quoi regonfler significativement la valorisation de PPR. Après avoir bondi de 2% lundi suite aux révélations de la presse, le titre PPR a encore progressé de 0,7% mardi.

Quel est l'intérêt de la scission par rapport à la cession?

Fin 2009, la Fnac était évaluée 1,9 milliard d'euros. Aujourd'hui, avec la crise de la consommation, et les incertitudes entourant son modèle industriel, certains analystes ne l'évaluent à pas plus de 500 millions d'euros. A moins de casser ses prix, PPR le sait, il ne trouvera pas d'acquéreur. "Il serait très difficile de trouver un accord sur le niveau de valorisation de la Fnac. L'avantage de la scission par rapport à la cession est qu'il s'agit d'une opération technique qui ne nécessite aucun accord sur le prix", explique à L'Expansion.com un analyste. Dans un premier temps, Artemis, la holding de la famille Pinault actionnaire de PPR conserverait le contrôle de la nouvelle entité en Bourse. Mais dans un second temps, les analystes imaginent qu'une cession puisse encore être possible, 6 ou 12 mois après le spin off. La mise en bourse serait donc la solution potentiellement la plus lucrative pour PPR. Selon un banquier d'affaires basé à Paris, si PPR s'arrange pour vendre la Fnac, "le produit de cession leur donnera de la puissance de feu pour de plus grosses opérations dans le luxe et la mode sportive".

Trends.be, avec L'Expansion.com

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