La FN à l'affût d'acquisitions

04/07/11 à 13:22 - Mise à jour à 13:22

Source: Trends-Tendances

Grâce au soutien de son actionnaire la Région wallonne, le fabricant d'armes liégeois est devenu un leader mondial. Afin de rester à la pointe, l'entreprise cherche à mettre la main sur des concurrents en Europe et aux Etats-Unis, son plus gros marché.

La FN à l'affût d'acquisitions

© Belga

Le ministre wallon de l'Economie et du Commerce extérieur Jean-Claude Marcourt a profité de la mission princière aux Etats-Unis pour visiter la filiale américaine de la FN Herstal, dont la Région wallonne est propriétaire. L'occasion pour le ministre, rejoint par Philippe Claessens et Jean-Sébastien Belle, l'administrateur délégué et le président du groupe Herstal, (maison mère de l'armurier liégeois), de mettre en avant les performances du fleuron wallon aux USA, son premier marché. C'était aussi l'occasion - fait rare pour cette entreprise qui communique peu - d'évoquer sa stratégie de développement.

Chez nous, l'entreprise fait régulièrement l'objet de débats politiques mais aux Etats-Unis, le fabricant d'armes a la cote. Sa technologie de pointe et, entre autres, la traçabilité de ses produits, sont unanimement reconnues par les Américains. La FN est même le premier fournisseur en armes légères de l'armée américaine. Sa filiale américaine emploie un millier de personnes sur quatre sites localisés dans quatre Etats. "60 % de nos armes vendues sur le marché américain sont développées dans l'usine d'Herstal", souligne Louis Dillais, le patron de FNH USA, basé à Washington. L'an dernier, les ventes de la filiale américaine ont représenté quelque 250 millions d'euros, soit près de la moitié du chiffre d'affaires du groupe. Après le record de 2009 (plus de 600 millions d'euros), les ventes globales ont chuté, l'an dernier, à 535 millions. "Après une période de croissance exceptionnelle liée à des gros contrats parvenus à leur fin et une forte conjoncture aux Etats-Unis, nous sommes entrés dans une phase de stabilisation", commente Philippe Claessens, l'administrateur délégué du groupe.

Afin de moins dépendre des cycles liés au marché de l'armement militaire, à côté des activités de chasse et de tir sportifs (marques Browning et Winchester), la FN a développé une gamme de produits pour les forces de l'ordre et les services de sécurité. Un marché très concurrentiel, qui pèse outre-Atlantique 1,5 milliard de dollars. "Partie de quasiment zéro en 2003, cette activité représente aujourd'hui entre 55 et 60 millions de dollars et notre objectif est de continuer à la faire croître", précise Louis Dillais.

Pour augmenter ses revenus, le groupe, qui exporte ses pistolets et fusils d'assaut dans une centaine de pays, mise sur un autre créneau : les systèmes d'armement intégrés. Il s'agit d'équiper des véhicules terrestres ou des hélicoptères avec des armes de la FN. Cette activité devrait à terme générer un chiffre d'affaires de 50 millions de dollars.

Un trésor de guerre de 400 millions

Depuis son sauvetage par la Région wallonne en 1997, l'armurier s'est développé uniquement sur une base organique. Mais à présent que l'entreprise prospère à nouveau, elle cherche à mettre la main sur des sociétés concurrentes. "Nous allons être plus vigilants que par le passé car il y aura des opportunités tant en Europe qu'aux Etats-Unis, qui est la terre de la consolidation, confirme le CEO. Si l'on exploite ces opportunités, c'est bon pour nous. Si elles se font sans nous, ce sera une menace." En d'autres termes, pas question de se faire manger à présent que la FN est redevenue une entreprise florissante (15 millions d'euros de bénéfice net en 2010). Elle a en tout cas les moyens de passer à l'offensive : ses fonds propres dépassent les 400 millions d'euros. Et son ministre de tutelle, Jean-Claude Marcourt, n'y est pas opposé. "En moins de 15 ans, nous avons fait de la FN un leader mondial de l'armement. Notre premier objectif est de consolider cette position et de pérenniser l'activité à Liège. Mais le jour où il y aura un dossier sur la table, on regardera comment répondre à la question", explique-t-il en évoquant aussi des éventuelles synergies avec l'activité défense de CMI, un autre fleuron liégeois.

SANDRINE VANDENDOOREN (À WASHINGTON)

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