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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/12/15 à 16:26 - Mise à jour à 19/12/15 à 09:33

La double (mauvaise) surprise du guide Michelin

Dans la vie, il y a des décisions attendues et puis d'autres, plus surprenantes...

La double (mauvaise) surprise du guide Michelin

© Reuters

Parmi les décisions très attendues, il y a eu mercredi soir la décision prise par la Banque centrale américaine (Fed) d'augmenter son taux d'intérêt directeur. C'est une première depuis presque dix ans et cette décision n'a pas été une surprise pour les marchés financiers tellement elle a été anticipée. Je n'y reviendrai pas aujourd'hui, car tous vos journaux parlent de cette information.

En revanche, dans un tout autre domaine, celui de la gastronomie, la décision du guide Michelin de ne pas donner une 3e étoile à Bruxelles en a étonné plus d'un. C'était un secret de polichinelle, mais des maisons de bouche déjà doublement étoilées - comme le Chalet de la Forêt, Comme chez Soi ou Bon Bon - espéraient décrocher la troisième étoile. Mais le Michelin en a décidé autrement, faute d'unanimité au sein de son jury national et international. Et donc, la capitale de l'Europe restera encore privée d'un restaurant 3 étoiles !

La surprenante décision du guide Michelin

Mais ce qui est également surprenant dans ce monde des restaurants étoilés, c'est de voir à quel point leur équilibre financier reste hélas très fragile. Mes confrères du journal L'Echo ont publié une petite enquête sur l'état financier des restaurants les plus étoilés du pays, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est consternant. Environ la moitié des restos étoilés est en mauvaise, voire très mauvaise posture. Ces étoilés affichent en effet des pertes au cours des trois dernières années. Six d'entre eux se situent en zone dangereuse et au moins six autres ont un matelas financier très mince, lorsqu'il n'ont pas un fonds de roulement négatif.

En fait, seulement quatre étoilés affichent une santé de fer, d'après leurs bilans. Il s'agit de De Karmeliet, Slagmolen, Bartholomeus et le Chalet de la Forêt !

Bien entendu, les raisons de cette mauvaise santé financière sont à chercher du côté de la hausse des coûts salariaux, sans oublier la forte densité de restaurants étoilés en Belgique, ce qui rend la concurrence encore plus acharnée. Et reste à espérer que l'arrivée des "boîtes noires", au premier janvier 2016, ne va pas en précipiter certains dans des difficultés supplémentaires. C'est l'une des angoisses du secteur même si les étoilés sont davantage en règle sur le plan social que les autres restaurants.

Je m'en voudrai de terminer cette chronique sans donner un coup de chapeau à la province du Hainaut qui a été gâtée cette année par le Michelin, notamment de par l'entrée d'Eric Fernez et de son restaurant "d'Eugénie à Emilie" à Baudour. Il entre dans le club des doubles étoilés. Sans oublier Luc Broutard pour sa "Table du boucher" à Mons qui peut se targuer d'afficher un Bib gourmand. Et puis je mentionne encore "Le Pilori" à Ecaussines et le "Comptoir de Marie". Autant de fiertés pour la province du Hainaut. Bravo encore !

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