La cigarette électronique chamboule l'industrie du tabac

06/08/14 à 17:28 - Mise à jour à 17:28

Source: Trends-Tendances

Les enseignes dédiées aux cigarettes électroniques fleurissent partout en Belgique, et plus encore dans les pays où l'on peut se procurer légalement des "liquides à vapoter" contenant de la nicotine.

La cigarette électronique chamboule l'industrie du tabac

© REUTERS

D'après le bureau d'études Euromonitor, les ventes d'e-cigarettes représentaient 7 milliards de dollars dans le monde l'an dernier. Alors que les ventes de tabac s'étiolent, ce nouveau marché ne cesse de croître. Il oblige les acteurs traditionnels du secteur du tabac à se repositionner. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à investir dans les produits à la nicotine alternatifs.

A première vue moins nocif pour la santé que la cigarette traditionnelle - notamment d'après des chercheurs de la Queen Mary University de Londres -, moins dérangeant pour l'entourage, moins cher, le dispositif venu de Chine qui permet d'inhaler des vapeurs contenant ou non de la nicotine séduit, même si ses effets à long terme ne sont pas encore connus.

Après avoir tenté de freiner le développement d'une innovation qu'ils n'ont pas vu venir, les fabricants de tabac semblent à présent changer de tactique.

Lorillard, le troisième fabricant de cigarettes aux Etats-Unis, avait lancé le mouvement en 2012 en rachetant Blu, le leader des e-cigarettes outre-Atlantique. Lorsque Reynolds American, le numéro deux du secteur aux Etats-Unis, s'est offert Lorillard le mois dernier, il a cédé la marque Blu à Imperial Tobacco Group, le principal fabricant de tabac au Royaume-Uni. Mais Reynolds ne compte pas délaisser les vapoteurs pour autant puisqu'il mise sur la croissance de Vuse, sa propre marque d'e-cigarettes.

De son côté, Imperial Tobacco avait déjà acquis en 2013 Dragonite International Limited, l'entreprise chinoise qui affirme détenir les brevets de la cigarette électronique.

La compagnie Altria, ex-Philip Morris et numéro un du marché aux Etats-Unis, investit elle aussi dans les produits sans combustion. Sa filiale Nu Mark a racheté en avril Green Smoke. Elle commercialise également depuis 2013 les e-cigarettes MarkTen, un nom que le géant compte bien faire connaître.

British American Tobacco, le deuxième plus grand vendeur de tabac au monde basé à Londres, se positionne lui aussi très clairement sur le marché des "e-cig" avec Vype, sa marque lancée au Royaume-Uni en 2013.

Japan Tobacco, le groupe qui exploite notamment Winston et Camel hors Etats-Unis, a racheté en juin de cette année E-Lites, les e-cigarettes les plus vendues au Royaume-Uni. Il commercialise par ailleurs les produits Ploom, des vaporisateurs qui chauffent du vrai tabac sans le brûler et fonctionnent sur le modèle des capsules Nespresso.

Philip Morris International, le leader mondial du secteur du tabac, est finalement l'un des derniers à surfer sur la vague des cigarettes électroniques. Après avoir mis la main sur le fabricant anglais Nicocigs en juin, la compagnie espère commercialiser les vaporisateurs détenus par son homologue américaine Altria d'ici à la fin de l'année.

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