L'OCDE abaisse à nouveau ses prévisions de croissance pour 2016

18/02/16 à 11:13 - Mise à jour à 11:13

Source: Belga

(Belga) L'OCDE a brossé jeudi un tableau pessimiste de l'économie mondiale, abaissant encore ses prévisions de croissance, mettant en garde contre les risques de crise financière, contre les risques politiques, notamment en Europe, et appelant une meilleure coordination des politiques de relance.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table désormais sur une croissance mondiale de 3% pour cette année, contre 3,3% en novembre dernier quand elle avait déjà amputé ses prévisions de 0,3%. "L'abaissement des prévisions est généralisé, reflétant une gamme étendue de données décevantes au quatrième trimestre 2015 et la récente faiblesse et volatilité sur les marchés financiers mondiaux", a estimé l'organisation internationale, "déçue" par le ralentissement des pays émergents frappés par la chute des matières premières et par la "très modeste" reprise des économies avancées. "La croissance du PIB mondial ne devrait pas être supérieure cette année à celle de l'année dernière, qui était déjà la plus lente des cinq dernières années", a-t-elle prévenu. Pour 2017, elle abaisse également sa première prévision publiée il y a trois mois de 3,6 à 3,3%, se basant sur de "récentes données décevantes" sur la croissance mondiale. L'organisation taille dans pratiquement toutes ses prévisions: elle ampute de 0,5% celle des Etats-Unis à 2% et celle de l'Allemagne qui recule à 1,3%. La France reste pratiquement stable (-0,1%) à 1,2%, soit un niveau inférieur au 1,5% de croissance attendue par le gouvernement. Si les prévisions pour la Chine restent sans changement à 6,5% et celles de l'Inde gagnent même 0,1% à 7,4%, le Brésil est le pays le plus sévèrement dégradé par l'OCDE, qui prévoit désormais une récession atteignant -4% en 2015, contre -1,2% il y a trois mois. Commentant la très grande nervosité des marchés financiers depuis le début de l'année, l'institution basée à Paris alerte sur des "risques substantiels d'instabilité financière" et prévient que certaines économies émergentes "sont particulièrement vulnérables à des mouvements aigus des taux de change et aux effets d'une forte dette domestique". Elle interpelle aussi les leaders politiques, souhaitant une meilleure concertation, "une réponse politique collective" plus forte, à quelques jours d'une réunion des ministres des Finances du G20 à Shanghai. Enfin, elle s'inquiète de la situation en Europe et appelle les pays membres à "parler d'une seule voix afin de promouvoir l'unité et la croissance". (Belga)

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