L'IPO "forcée" de Chrysler

24/09/13 à 15:40 - Mise à jour à 15:40

Source: Trends-Tendances

Le constructeur américain annonce son entrée en Bourse. Mais son patron, Sergio Marchionne, et son actionnaire majoritaire (58,5%), Fiat, y sont opposés...

L'IPO "forcée" de Chrysler

© Reuters

Sergio Marchionne, patron de Fiat (et de Chrysler) aurait préféré racheter tranquillement les 41,5% de titres de Chrysler que son groupe ne possède pas encore. Cela fait un an qu'il négocie avec un fonds d'assurance de soins de santé, VEBA, qui détient le paquet de titres. Mais ce dernier juge les offres italiennes trop modestes. Pour forcer Fiat à augmenter son prix ou trouver des acquéreurs plus généreux, VEBA a donc obtenu que Chrysler soit introduit en Bourse d'ici la fin de l'année. Une bouée de sauvetage Pour Fiat, Chrysler est devenu une bouée de sauvetage. Ses bénéfices permettent de compenser largement les pertes générée par le constructeur italien en Europe. Il n'en a pas toujours été ainsi. Fiat est devenu actionnaire de Chrysler après la faillite de ce dernier en 2009. Sergio Marchionne est intervenu comme le sauveur du constructeur américain, en obtenant 35% des parts et promettant un partenariat et des partages de technologie pour moderniser le constructeur moribond. L'Etat américain a prêté des milliards de dollars.

L'accord a très bien fonctionné. Chrysler, débarrassé de ses dettes (les prêts d'Etat ont été remboursés), a remonté le pente et affiche aujourd'hui une belle santé. Mais Fiat a entretemps souffert de la chute économique des pays du sud de l'Europe, encaissant une chute des ventes. La rentabilité retrouvée de Chrysler tombe à pic pour traverser le recul du marché automobile européen.

Pour accéder au cash de Chrysler Le contrôle de Chrysler ne permet pas de tout mettre en commun au sein du groupe. Pour accéder au cash de Chrysler, et gérer les investissements de manière globale, Fiat doit posséder 100% de l'entreprise américaine. La situation actuelle est déséquilibrée : les dettes sont surtout logées chez Fiat, le cash chez Chrysler. Le constructeur italien a dû couper dans ses investissements. Il a besoin de moyens notamment pour relancer la marque Alfa Romeo. Pour arriver à une fusion financière, Fiat rachète les parts de Chrysler. Et est passé de 35% à 58,5%. L'ultime opération, le rachat du bloc de 41,5% appartenant au fonds VEBA, traine depuis un an.

VEBA assure les paiements des soins de santé des retraités de Chrysler. Il cherche à obtenir le meilleur prix pour ses titres, et en demanderait 4,7 milliards de dollars. Fiat n'en donnerait que la moitié.

En jouant la carte de l'IPO "forcée", VEBA espère obtenir un prix plus élevé, avec Fiat ou d'autres acheteurs. L'opération contrarie Fiat. Elle pourrait le confronter à des actionnaires fort différents, peut-être plus remuants. Fiat a promis qu'il pourrait mettre fin à son partenariat si son contrôle était remis en cause.

Rien ne dit que l'IPO aura lieu. Les analystes financiers parient sur un accord de dernière minute. La préparation de l'IPO aura alors servi à établir la valeur de Chrysler.

Robert van Apeldoorn

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