L'incroyable fortune qui dort dans les caisses d'Apple

29/10/12 à 12:49 - Mise à jour à 12:49

Source: Trends-Tendances

121 milliards de dollars... C'est le montant des liquidités accumulées par Apple, dont les deux tiers sont bloquées à l'étranger, la firme évitant de les rapatrier pour qu'elles ne soient pas taxées.

L'incroyable fortune qui dort dans les caisses d'Apple

© Reuters

Bien qu'ils aient déçu les marchés, les résultats d'Apple, avec un bénéfice net qui s'affiche quand même en hausse de 60% sur un an (!), ont permis à Apple d'engranger plus de 50 milliards de dollars de cash flow opérationnel pendant son exercice fiscal. La firme est désormais assise sur un tas d'or de 121,3 milliards de dollars. Rien qu'au dernier trimestre, il a augmenté de 3,4%. Et comme Apple est une fourmi qui procède à très peu d'acquisitions, il ne fait que s'accroître. Ce ne sont pas les 2,5 milliards de dividendes versés aux actionnaires en août - les premiers depuis 1995 - ni les prochains, qui vont faire fondre le magot. En effet, si la génération de cash flow opérationnel se maintient, Apple devrait pouvoir verser ses dividendes en stabilisant son stock de liquidités.

Avec un tel capital liquide, Apple pourrait théoriquement racheter Amazon (qui vaut 100 milliards de dollars en Bourse). Il pourrait également largement s'offrir HP et Dell réunis (44 milliards de capitalisation), Cisco (91 milliards), ou encore Sony, Sharp et Panasonic réunis. De l'autre côté de l'Atlantique, Apple viendrait faire ses emplettes, il ne ferait qu'une bouchée de France Télécom (valorisé 23 milliards d'euros) ou des autres sociétés high-tech hexagonales.

Continuons l'analogie. La puissance financière d'Apple permettrait de recapitaliser la totalité des banques espagnoles, qui ont besoin de 40 à 120 milliards d'euros. Son stock de cash dépasse le PIB du Maroc, atteint dix fois celui du Cambodge ou du Mozambique, et trois fois celui du Costa Rica. Il est à peu près équivalent à la dette de la Suisse en 2010. Il pourrait encore payer pendant deux ans la charge de la dette française, ou fournir les deux tiers de l'argent frais dont aura besoin l'Espagne en 2013.

Mais il faut savoir qu'Apple ne peut pas sortir cet argent aussi facilement. En effet, la plus grosse partie de ses fonds, 83 milliards précisément, sont localisés dans ses filiales étrangères. Et les rapatrier coûterait très cher en taxes (35%). C'est pourquoi la firme tente d'obtenir un traitement de faveur de la part de l'administration fiscale de l'Oncle Sam pour les faire revenir dans ses caisses américaines à moindre frais. Avec d'autres entreprises, elle exerce au moins depuis 2011 un lobbying visant à leur accorder une exonération exceptionnelle de cet impôt sur les sociétés. Sans succès.

Il faudra désormais attendre les résultats de l'élection présidentielle américaine pour savoir quelles seront les conditions de rapatriement des liquidités depuis l'étranger. Mitt Romney propose d'abaisser la taxe de 35 à 25% et se montre favorable à une exonération exceptionnelle. Barack Obama serait quant à lui d'accord pour la porter à 28%, mais s'oppose à toute mesure d'exonération totale temporaire.

Raphaële Karayan

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