ING Belgique prévoit 1.000 emplois en moins d'ici 2015

13/02/13 à 07:46 - Mise à jour à 07:46

Source: Trends-Tendances

ING Belgique prévoit de diminuer ses effectifs de 1.000 unités d'ici 2015, via des départs naturels, indique le groupe bancaire mercredi dans un communiqué. Fin 2015, la banque devrait donc employer 8.560 personnes. Parallèlement, les recrutements de nouveaux collaborateurs devraient dépasser les 150 unités.

ING Belgique prévoit 1.000 emplois en moins d'ici 2015

© Epa

La réduction d'un millier d'effectifs, annoncée mercredi matin par ING Belgique, concernera tant des salariés que des prestataires externes, appartenant principalement au département informatique de la banque.

Elle s'effectuera par ailleurs de manière progressive, a affirmé l'administrateur délégué de la société, Ralph Hamers, à l'occasion de la présentation de ses résultats annuels. "Cette diminution sera progressive et s'effectuera par l'intermédiaire de départs naturels, grâce aux pensions ou aux gens qui partiront travailler dans une autre entreprise. En tous cas, nous collaborerons avec les syndicats", a assuré l'administrateur délégué. Un conseil d'entreprise était prévu à ce sujet mercredi midi.

"Cette baisse des effectifs résulte d'une utilisation accrue de la banque en ligne entraînant une simplification et une automatisation plus poussée des processus", avait encore justifié la banque dans un communiqué. Selon son administrateur délégué, le nombre de transactions au guichet a en effet chuté de 24 pc en un an alors que l'utilisation du self-banking a crû de 29 pc entre 2007 et 2012.

Par ailleurs, les fermetures et les fusions d'agences devraient se limiter aux 40 fermetures initialement annoncées en Wallonie et à Bruxelles. "Nous n'avons, à ce stade, aucun autre projet de ce type", a assuré Guy Beniada, le directeur financier d'ING Belgique, qui a par ailleurs confirmé le chiffre de 150 millions d'économies à réaliser dans les années à venir. "Ce sont les économies à faire dans les années à venir. Elles comprennent la réduction des effectifs, mais pas seulement", a conclu le responsable financier.

"Le succès de la banque en ligne est une excuse bon marché"
"De l'inquiétude était perceptible depuis pas mal de temps mais nous ne nous attendions pas à une telle réduction de l'emploi", a réagi Stefaan Decock, secrétaire national Finances à la LBC-NVK suite à l'annonce d'ING Belgique de réduire ses effectifs de 1.000 unités.

"Nous regrettons également le fait que cette information ait été diffusée avant le conseil d'entreprise", a poursuivi le responsable du syndicat chrétien, selon qui le succès de la banque en ligne, invoqué par ING pour justifier sa décision, ne pourrait être qu'une "excuse bon marché".

"Selon ce qu'ING Belgique affirme, la réduction des effectifs se fera par des départs naturels et aucun licenciement sec n'est à craindre. Reste à voir comment la direction va appliquer cette mesure et comment les coûts seront réduits", a encore indiqué M. Decock.

En novembre 2012, ING Belgique avait déjà annoncé la fermeture de 40 agences en Wallonie et à Bruxelles. "On ignore pour l'instant si les pertes d'emploi annoncées ce mercredi s'y ajoutent. On devrait en savoir lors du conseil d'entreprise prévu ce midi", a ajouté Stefaan Decock. Du côté des autres syndicats enfin, on préfère attendre la réunion du conseil d'entreprise avant de réagir.

Résultats commerciaux et financiers "solides" en 2012

Ce mercredi midi, ING Belgique a également présenté ses résultats. La banque a clôturé son exercice 2012 sur un bénéfice avant impôts de 1,153 milliard d'euros, en hausse de 10 pc par rapport à l'année précédente (avant réduction de valeur sur les obligations de l'Etat grec), a annoncé le groupe. "Notre stratégie visant à faciliter les opérations bancaires a généré de solides résultats commerciaux et financiers", se sont réjouis ses responsables au cours d'une conférence de presse.

Le bénéfice après impôts et éléments exceptionnels a ainsi progressé de 21 pc, à 833 millions d'euros. Dans le même temps, la Belgique et le Luxembourg ont enregistré une forte croissance des crédits (+4,4 milliards d'euros) et des dépôts (+3,5 milliards d'euros). Quant au nombre net de clients actifs, il a continué à augmenter, la banque de détail ayant accueilli, en 2012, 72.000 nouveaux consommateurs. Ces résultats "confirment le bien-fondé" de la décision du groupe de privilégier la banque directe, ont souligné Ralph Hamers, l'administrateur délégué d'ING Belgique, et Guy Beniada, son directeur financier. L'an passé, 38 pc des ventes de produits d'épargne ont été effectuées en ligne, contre 19 pc en 2009.

"Afin de poursuivre dans cette voie, ING Belgique a décidé d'accélérer l'implémentation de sa stratégie et de mettre l'accent sur les projets alignés sur la forte demande des clients de simplifier les opérations bancaires", ont-ils poursuivi. Cette simplification, qui engendre une plus grande automatisation des processus, aura un impact sur l'emploi dont la baisse est estimée à un millier d'équivalents temps plein d'ici la fin de 2015. "Cette réduction de l'effectif se fera par le biais de départs naturels", a encore assuré Ralph Hamers en soulignant, par ailleurs, que la banque comptait engager au moins 150 nouveaux collaborateurs par an.

"Un pont trop loin", dénonce le SETCa
"Le fait qu'une banque fasse autant de bénéfices et qu'elle supprime malgré tout des emplois, c'est aller un pont trop loin", a dénoncé mercredi Miranda Ulens, secrétaire Finances au SETCa. Un nouveau conseil d'entreprise est prévu le jeudi 21 février.

"Ce jour-là, nous en saurons plus sur les emplois concernés", a précisé la responsable du syndicat socialiste. "Beaucoup de choses vont dépendre de la manière dont la réduction des effectifs sera mise en oeuvre", a de son côté estimé Stefaan Decock (LBC-NVK) en plaidant pour la définition de garanties strictes protégeant les travailleurs contre les licenciements individuels ainsi que pour un débat sur la politique de ressources humaines.

"Mais nous souhaitons avant tout que la direction réponde à nos questions", a-t-il ajouté. Les syndicats vont désormais se concerter afin de déterminer la stratégie à suivre. Des actions ne sont pas exclues.

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