Grève ou pas grève ? La FGTB lance un ultimatum au gouvernement

23/01/18 à 11:02 - Mise à jour à 16:14

Source: Belga

Le syndicat socialiste FGTB a décidé mardi de lancer un ultimatum au gouvernement fédéral: si les projets de loi sur le système de pensions à points et la pénibilité ne sont pas retirés, des actions seront organisées, avec la possibilité d'une grève de 24h, a indiqué Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB.

Grève ou pas grève ? La FGTB lance un ultimatum au gouvernement

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"La balle est dans le camp du gouvernement. Il pourrait ne rien se passer si le gouvernement renonce au projet de loi sur le système à points et retire son avant-projet de loi sur la pénibilité", selon Robert Vertenueil.

Le syndicat socialiste souhaite ré-entamer une "discussion sérieuse" sur les pensions afin de trouver une manière de réformer le système sans faire baisser le niveau des retraites et en maintenant le financement de la sécurité sociale.

Dans le cas contraire, des actions ciblées seront organisées par la FGTB, dont des manifestations et éventuellement une grève de 24h.

La FGTB attend une réponse du gouvernement Michel "le plus vite possible". "Un conseil des ministres a lieu vendredi", a pointé Robert Vertenueil, sans donner de véritable date butoir.

Dans le dossier des pensions, la FGTB exige une pension légale qui permette de "vivre décemment". L'organisation souhaite à terme pouvoir revenir à une pension à 65 ans, obtenir une pension minimale de 1.500 euros brut par mois ainsi qu'un taux de couverture équivalent à 75% du dernier salaire, a expliqué M. Vertenueil. "Nous n'atteindrons pas cela du jour au lendemain, mais l'objectif est fixé."

La politique du gouvernement fédéral en matière de pensions était déjà au centre de la manifestation nationale du 19 décembre, qui avait rassemblé 25.000 personnes dans les rues de Bruxelles.

Depuis lors, syndicats et patronat ont fait aveu d'échec concernant le système de pensions à points. Lors d'une réunion du Comité national des pensions la semaine dernière, ils ne sont en effet pas parvenus à se mettre d'accord. Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine a donc repris la gestion du dossier, au grand dam des syndicats.

Pour Robert Vertenueil, la concertation sociale s'est trouvée biaisée: "il ne faut pas laisser entendre aux employeurs que si les partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord, le gouvernement reprendra la main en leur faveur."

Bacquelaine dénonce une menace de grève "politique"

Daniel Bacquelaine considère pour sa part que les menaces de grève lancées par la FGTB sur le dossier des pensions sont "purement politiques".

"On ne peut en effet expliquer autrement le fait que le syndicat socialiste s'oppose à une réforme qui va reconnaître la pénibilité de certains métiers et qui, grâce à cette reconnaissance, va accorder aux travailleurs concernés des droits complémentaires de pension. L'avant-projet de loi prévoit en effet que la reconnaissance de pénibilité permettra un départ anticipé à la retraite et l'octroi d'un montant de pension plus élevé", assure le ministre réformateur.

Depuis le début de la législature, la FGTB réclame d'ailleurs cette réforme qui vise à atténuer, pour les travailleurs dont le métier est reconnu pénible, l'impact du relèvement de l'âge de la retraite, rappelle M. Bacquelaine. Alors que le projet est sur le point d'être approuvé en première lecture par le conseil des ministres, le syndicat socialiste fait "volte-face" et s'oppose maintenant à la réforme, constate-t-il, avant de s'interroger: "comment le comprendre si ce n'est pour des raisons politiques?"

Le ministre énonce par ailleurs que l'avant-projet de loi doit encore être soumis à la concertation sociale. "Les textes ne sont donc pas définitifs", souligne-t-il. Le ministre des Pensions appelle par conséquent le syndicat socialiste à discuter des textes "là où la concertation sociale doit avoir lieu" (Comité A et Comité de gestion du Service fédéral des Pensions) et "non dans la rue ou en bloquant l'activité économique du pays".

Enfin, en ce qui concerne la pension à points, les discussions viennent de se terminer entre les partenaires sociaux siégeant au Comité National des Pensions. Il n'y a donc, pour l'heure, pas encore d'avant-projet de loi qui pourrait être retiré, ironise-t-il.

Une grève "pas à l'ordre du jour" pour les syndicats chrétien et libéral

Pour les syndicats CSC et CGSLB, une grève n'est "pas à l'ordre du jour", ont indiqué les responsables des partis chrétien et libéral.

"Nous continuons à mener des actions de sensibilisation autour du dossier des pensions, mais une grève n'est pas à l'ordre du jour", a estimé la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska.

Le syndicat chrétien n'a pas changé d'avis depuis la dernière manifestation nationale contre la politique du gouvernement fédéral en matière de pensions. Il excluait alors, tout comme la CGSLB, l'éventualité d'une grève.

"Les modalités peuvent varier dans la durée, mais le plus important est de conscientiser la population" sur la question des retraites, poursuit Mme Ska. Pour la CSC, la pension à point voulue par le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine est "inefficace", la pénibilité n'est pas suffisamment prise en compte dans le texte actuel et les pensionnés risquent de perdre de l'argent.

Le syndicat libéral mise lui aussi davantage sur une "approche d'information et de sensibilisation" des citoyens plutôt que sur une grève. "Notre préoccupation reste grande, mais des actions de plus grande envergure ne sont pas à l'ordre du jour", a affirmé Olivier Valentin, secrétaire national.

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