Grève européenne : "Tout le monde paiera !"

23/03/11 à 12:03 - Mise à jour à 12:03

Source: Trends-Tendances

"On n'est plus du tout dans l'exercice normal du droit de grève !", dénoncent BECI et l'UWE en marge de la manifestation, à Bruxelles, contre la politique européenne. "Entretenir un tel climat social délétère frise l'inconscience, d'autant plus en cette période d'instabilité politique", estiment-elles.

Grève européenne : "Tout le monde paiera !"

© Belga

En marge d'une manifestation à Bruxelles contre la politique européenne, certains syndicats belges appellent à une grève de 24 heures. "Avec son lot d'atteintes à la liberté de travailler et de circuler, des perturbations dans les services publics, etc. : choquant et contre-productif !", dénoncent BECI et l'Union wallonne des entreprises dans un communiqué commun.

Les deux fédérations "en appellent aux autorités pour faire respecter la loi : début du mois, la non-intervention des forces de l'ordre a débouché sur des incidents qui auraient pu tourner au drame. On n'est plus du tout dans l'exercice normal du droit de grève !"

Manifestation et grève de ce jeudi perturberont encore considérablement la vie de la population et des entreprises et causeront un tort considérable à notre économie, à l'image de la région et du pays, estiment les organisations bruxelloise et wallonne : "Pourquoi se distinguer systématiquement de manière aussi négative ? Pourquoi lancer des mots d'ordre plus durs que partout ailleurs ? Pourquoi cette surenchère des syndicats dans les actions ? L'aveuglement a probablement fait la place à l'inconscience et à l'irresponsabilité !"

Pour justifier la première accusation - une manifestation "sans fondement" - BECI et l'UWE citent plusieurs chiffres : "Pour 2009-2010, l'évolution du coût salarial a été de 0,4 % plus importante que dans les pays de référence, selon le rapport du Conseil central de l'économie. Pour 2011-2012, une indexation de 3,9 % est acquise."

Quant à l'aspect "contre-productif" de ces actions, "l'AIP prévoit une augmentation sur deux ans de 3,9 % + 0,3 % = 4,2 %. Soit 2,1 % par an. Un jour de grève = 0,5 % du temps annuel presté. 0,5 %, c'est un quart de l'augmentation annuelle prévue. A ce rythme, en quatre jours de grève, le travailleur a perdu l'équivalent de son augmentation annuelle !"

En déclenchant ce nouveau mouvement de grève, les syndicats "handicapent le redressement de l'économie wallonne et nuisent à la création d'emplois", concluent les deux fédérations : "L'agitation sociale a des conséquences directes importantes et, au-delà, marque les esprits. Leur répétition incessante décourage les entrepreneurs, éloigne les investisseurs ou candidats investisseurs. Entretenir un tel climat social délétère frise l'inconscience, d'autant plus en cette période d'instabilité politique."

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