Grève à Belgocontrol: nouveau coup dur pour l'aérien, Brussels Airlines annule 110 vols

13/04/16 à 11:17 - Mise à jour à 11:40

Mauvais coup pour le secteur aérien belge, encore meurtri par les attentats du 22 mars: la grève-surprise de Belgocontrol lui coûtera cher. Brussels Airlines doit annuler des vols. Les dirigeants du secteur publient une lettre ouverte où ils "en appellent au sens des responsabilités des contrôleurs aériens".

Grève à Belgocontrol: nouveau coup dur pour l'aérien, Brussels Airlines annule 110 vols

© Belga

L'action des contrôleurs aériens a fortement réduit le trafic aérien à Zaventem. La situation est particulièrement malheureuse pour Brussels Airlines, déjà fortement touchée par les attentats du 22 mars dernier. "Ce mercredi, nous avons dû annuler 110 vols, aller et retour, nous ne pouvons en opérer que 158" dit Wencke Lemmes, porte-parole de la compagnie aérienne.

Informer les passagers

Le coup vient perturber la difficile remise en route de l'offre de la compagnie, qui n'était pas encore complète, vu les limitations imposées par le hall provisoire des départs. Elle ne propose encore que 70% à 80% des vols d'avant le 22 mars. C'est aussi un problème pour les autres compagnies qui remettent en service les vols arrêtés ou déroutés suite aux attentats. "A Zaventem, le mouvement limite maintenant le nombre de mouvements à 15 par heure, arrivées et départs" dit Wencke Lemmes. "Notre grand souci est de bien informer les passagers," continue-t-elle. La compagnie publie les informations sur son site et à travers les médias sociaux. Les tickets des vols annulés seront soit remboursés soit reportés. Le mouvement va aggraver l'impact économique des attentats.

La capacité relevée à 40 vols par heure

La capacité de Belgocontrol a depuis lors été relevée à 40 vols par heure, contre 15 précédemment, a indiqué le porte-parole Dominique Dehaene. Mais le contrôleur de l'espace aérien belge n'est toujours pas totalement opérationnel.

Un certain nombre de contrôleurs ont débrayé depuis mardi en fin d'après-midi, entraînant la suppression de plusieurs dizaines de vols à Brussels Airport.

Les syndicats du personnel de Belgocontrol se réuniront avec la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, et le ministre de l'Emploi, Kris Peeters, à 11h30, au cabinet de Mme Galant.

Lettre recommandée envoyée à la Guilde

La paralysie partielle du trafic aérien en Belgique est due à des actions des contrôleurs aériens. Certains sont mécontents d'un accord social qui vient d'être conclu. Selon Belgocontrol, l'action est due à la Guilde des contrôleurs aériens : "Leurs membres signalent qu'ils sont malades et déclarent qu'ils ne sont pas aptes à exercer leurs fonctions" indique Belgocontrol. Le CEO de cet organisme, Johan Decuyper, a envoyé une lettre recommandée aux dirigeants de la Guilde pour les sommer de cesser ces actions.

Plusieurs dirigeants du secteur aérien belge ont publié une lettre ouverte (voir ci-dessous) pour dénoncer ces actions "qui prennent en otage des milliers de passagers et mettent en danger les activités de tous les acteurs du secteur aérien belge (compagnies aériennes, aéroports, handlers, etc.) et des 70.000 travailleurs qui directement ou indirectement dépendent de la survie de ce secteur." Parmi les signataires figurent les patrons de Brussels Airport, Brussels Airlines et Brussels South (Charleroi).

Une "absence de solidarité"

Le mouvement a attiré des commentaires très critiques de fédérations internationales, dont celle d'Airlines for Europe, qui rassemble les plus grandes compagnies aériennes européennes. Elle a publié un bref communiqué jugeant mouvement "incroyable et montre l'absence de solidarité avec tous les hommes et les femmes des compagnies aériennes et de l'aéroport qui cherchent à faire revenir le plus de vols possible dans les airs."

Le texte de la lettre ouverte des principaux dirigeants du secteur aérien belge :

Les dirigeants du secteur aérien belge en appellent au sens des responsabilités des contrôleurs aériens

Nous déplorons vivement les actions de certains contrôleurs aériens de Belgocontrol qui paralysent sans préavis les activités aériennes en Belgique et ce à peine 10 jours après la reprise partielle des activités à Brussels Airport suite aux attentats meurtriers du 22 mars.

Ces actions prennent en otage des milliers de passagers et mettent en danger les activités de tous les acteurs du secteur aérien belge (compagnies aériennes, aéroports, handlers, etc) et des 70.000 travailleurs qui directement ou indirectement dépendent de la survie de ce secteur.

Les attentats du 22 mars ont dramatiquement touché la Belgique et sa population et ont fortement nui à l'image de notre pays dans le monde entier. Les actions en cours chez Belgocontrol aggravent encore plus cette situation déjà très difficile et ont un impact négatif important sur l'économie belge et sur les nombreux travailleurs en chômage économique depuis les attentats.

Nous appelons instamment les contrôleurs aériens et leurs organisations syndicales à immédiatement arrêter les actions en cours et à reprendre une activité normale pour permettre aux milliers de passagers de parvenir à leur destination finale et au secteur aérien de survivre. Nous invitons toutes les parties à reprendre sans délai la concertation sociale.

Elie Bruyninckx, CEO TUI Western Region

Jean-Jacques Cloquet, CEO Brussels South Charleroi Airport

Jean-Christophe Degen, General Manager Thomas Cook Belgium

Arnaud Feist, CEO Brussels Airport Company

Koen Gouweloose, Managing Director Hubs Benelux & France DHL Express

Bernard Gustin, CEO Brussels Airlines

Laurent Levaux, Chairman and CEO Aviapartner

Pieter Van den Nieuwenhuizen, CEO Swissport Belgium

Nos partenaires