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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/09/14 à 12:16 - Mise à jour à 12:16

Gérer des salles de cinéma, un business plus compliqué qu'il n'y parait

En business, un homme peut parfois faire la différence à lui seul. C'est ce qu'a constaté le groupe Kinepolis au cours de ces dernières années avec son PDG, Eddy Duquenne.

Gérer des salles de cinéma, un business plus compliqué qu'il n'y parait

Voilà un homme qui a réussi à faire repartir le nombre de spectateurs à la hausse même si les bénéfices sont en léger repli. Ce n'est pas une contradiction en soi mais c'est le résultat des frais liés aux nouvelles acquisitions du groupe Kinepolis en Espagne et aux Pays-Bas notamment. Autrement dit, sans ces investissements nécessaires pour le futur, les profits seraient encore plus élevés. Pour ceux et celles qui pensent que gérer des salles de cinéma, c'est facile et qu'il suffit d'avoir de bons films, c'est l'occasion de montrer, comme le patron de Kinepolis l'a fait, dans une interview accordée à nos confrères du journal L'Echo, que c'est un business plus compliqué qu'il n'y parait.

Tout d'abord, Kinepolis et ses concurrents évoluent dans un marché mature, autrement dit sur un marché qui ne progresse pas. Non seulement la population vieillit, mais en plus, le public visé par les cinémas est un public jeune. Ensuite, l'activité cinéma est de plus en plus menacée tant par de nouvelles formes de loisirs que par la crise. En Espagne, qui est le deuxième marché de Kinepolis, le secteur cinéma a perdu 40 % de ses clients du fait de la crise, et cela, même si le cinéma reste encore la sortie la moins chère. Bref, le patron de Kinepolis ne pouvait laisser un pays comme l'Espagne faire sombrer ses comptes... C'est la raison pour laquelle, pendant plusieurs années, il a d'abord cherché à changer la manière dont les complexes cinéma fonctionnent. Auparavant, chaque complexe avait un directeur avec des assistants. Si la salle n'était pas propre, tout le monde était responsable et donc en réalité.....personne ! Aujourd'hui, dans chaque complexe, il y a un responsable par métier, que ce soit la projection, la propreté, l'informatique, les snacks, les locations privées, etc.... Bref, chaque complexe a désormais une autonomie budgétaire et l'action des dirigeants est désormais mesurée sur la base de plusieurs paramètres: que ce soit le résultat financier ou la satisfaction des clients. Le but, c'est de forcer chaque responsable de complexe cinéma à se comporter comme un entrepreneur ; autrement dit, si on annonce un weekend pluvieux, c'est au responsable local à prendre les dispositions pour renforcer les équipes aux caisses, pour le nettoyage ou pour la vente de friandises.

Mais Eddy Duquenne, le patron de Kinepolis, ne s'est pas contenté de responsabiliser ses employés, comme le rappelle L'Echo, il leur a également demandé de mieux connaitre les clients. C'est vrai qu'en s'appuyant sur les ventes de tickets on line, Kinepolis s'est bâtie ainsi une base de données de 3 millions d'adresses emails qui lui permet de faire une programmation plus interactive.

Quand dans le prix d'un ticket, la plus grosse partie part vers la Sabam, la société des droits d'auteurs, vers les taxes, vers la TVA, vous avez intérêt à gérer au compas vos complexes cinéma. C'est ce professionnalisme qui explique le succès de Kinepolis aux Pays-Bas. Après tout, les Hollandais nous ont piqué quelques joyaux économiques dont l'une de nos grandes banques, et c'est un juste retour des choses que nous leur piquions leurs salles de cinéma.

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