Geert Noels : les multinationales ne sont pas l'avenir

21/11/14 à 11:09 - Mise à jour à 11:09

Source: Le Vif

L'économiste flamand Gert Noels encourage l'État belge à prendre une position de leader en Europe en taxant la spéculation, mais aussi en supprimant les intérêts notionnels.

Geert Noels : les multinationales ne sont pas l'avenir

Geert Noels. © Belga

Interrogé sur La Première ce matin, Geert Noels rappelle qu'il y a quatre ans déjà, il avait écrit un article dans Trends Tendances où il affirmait qu'il faut taxer les plus-values réalisées sur les spéculations à court terme, c'est-à-dire sur un an. Selon lui, il faut viser la spéculation et pas l'investissement, ni l'épargne.

À court terme, Geert Noels préconise donc de réaliser un tax-shift, car l'impôt sur le travail est trop élevé en Belgique, tout en s'assurant que "les euros soient bien dépensés", afin de ne pas devoir augmenter les taxes. Dans le contexte économique actuel, il est nécessaire d'être "un peu épargnant et de ne pas trop dépenser", explique-t-il. Une taxe sur la spéculation aurait plusieurs avantages : elle a un effet immédiat, les revenus sont récurrents et ça peut rapporter des centaines de millions d'euros chaque année.

À long terme, l'accent doit, selon lui, être mis sur les fuites fiscales organisées par les pays pour tenter d'attirer les multinationales. L'affaire du LuxLeak a mis au jour le problème de l'économie européenne : chaque pays tente d'attirer chez lui les multinationales par des fuites fiscales organisées et légales, mais "peu éthiques". Selon lui, ces mesures créent également un fossé inacceptable entre les multinationales et les PME.

Il encourage donc l'État belge à montrer l'exemple en Europe en portant plainte contre le Luxembourg et en supprimant ses intérêts notionnels. "C'est de plus en plus difficile d'attirer les multinationales dans notre pays et l'on sait très bien que ce sont les PME qui vont créer les emplois et la croissance", car les multinationales ne créent déjà plus de richesse depuis 6 ans. "Soyons les leaders de ce changement", conclut-il.

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