Fermeture du chaud à Liège : un "complot" selon les syndicats

23/01/12 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

Source: Trends-Tendances

Le rapport Laplace sur l'avenir de la sidérurgie liégeoise, commandé par la Région wallonne, est sans appel : la phase à chaud doit fermer, la phase à froid est sauvable moyennant finance. Les syndicats sont outrés et se demandent si ArcelorMittal n'a pas fait pression sur les experts...

Fermeture du chaud à Liège : un "complot" selon les syndicats

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ArcelorMittal : la fermeture du chaud à Liège est irréversible, selon Laplace Conseil

La fermeture du chaud à Liège est irréversible, selon le rapport de l'expert Laplace Conseil commandé par la Sogepa, bras financier de la Région wallonne, dont L'Echo livre samedi les conclusions.

La Sogepa avait demandé à ce bureau une étude sur l'avenir de la sidérurgie à Liège après la décision d'ArcelorMittal d'éteindre définitivement le chaud. Les conclusions sont cinglantes : "La fermeture du chaud à Liège est irréversible. Le froid est très menacé et son approvisionnement par Dunkerque ne garantirait pas son équilibre économique. Le financement complet par ArcelorMittal des coûts sociaux et environnementaux pour la remise en étant des sites fermés n'est pas assuré."

Laplace Conseil énumère plusieurs facteurs expliquant cet état de fait : le déclin des outils liégeois depuis 1970 mais aussi l'attitude des Liégeois et des syndicats qui ont refroidi l'ardeur des actionnaires successifs en adoptant une attitude "quasi exclusivement revendicative fondée sur la contestation permanente de toute évolution, le recours systématique à la grève, souvent accompagnée d'exactions et de saccages". Or, dans le même temps, les usines concurrentes au sein du groupe ont développé des voies plus consensuelles...

La relance d'une sidérurgie à chaud semble désormais impossible : un milliard d'euros serait nécessaire, ce qu'aucun investisseur privé ne débloquera dans un marché en surcapacité.

Le rapport fournit toutefois quelques conseils pour sauver le froid. Il propose qu'ArcelorMittal le localise dans une filiale en associant syndicats et Région wallonne à sa gestion et au conseil d'administration. Il suggère aussi d'investir 150 millions d'euros dans une aciérie électrique à Châtelet qui produirait des brames à laminer à Carlam (Charleroi) afin d'alimenter le froid liégeois. La solution d'un approvisionnement au départ de Dunkerque n'est efficace, note-t-il.

ArcelorMittal : les syndicats évoquent un complot

Les organisations syndicales représentant les travailleurs d'ArcelorMittal se posent des questions à la suite de la publication du rapport de l'expert Laplace Conseil. "Un rapport publié voici deux ans était ultra-favorable à la sidérurgie liégeoise !, s'étonne ainsi Robert Rouzeeuw, président de la délégation FGTB. On sent que c'est téléguidé, on se demande si ce n'est pas un complot. C'est en tout cas une déclaration de guerre aux syndicats."

"Ce rapport est immonde et scandaleux, s'exclame David Camerini, président de la délégation syndicale CSC chez ArcelorMittal. Il y a de quoi s'interroger : Mittal n'a-t-il pas fait pression ? Ce rapport remet même en doute le travail des organisations syndicales. Or, depuis des années, nous nous donnons corps et âmes, avec les travailleurs, pour maintenir l'outil." Le représentant syndical évoque notamment un gel des salaires, une flexibilité à outrance, une diminution d'effectifs ou encore un plan de restructuration accepté par le personnel.

Le front commun syndical se penchera sur le document aujourd'hui lundi et prendra position. D'ici là, il appelle les travailleurs au calme.

ArcelorMittal : la direction s'abstient de commenter le rapport Laplace

Du côté de la direction d'ArcelorMittal, on ne désire pas commenter le rapport de l'expert Laplace Conseil : "ArcelorMittal n'est pas en mesure de commenter l'étude Laplace Conseil, n'ayant pas pu la consulter, a indiqué la direction. Mais le groupe espère qu'elle contribuera à une meilleure compréhension du projet d'arrêt de la phase liquide par les organisations syndicales en tant qu'acteurs de la procédure d'information-consultation en cours."

Trends.be, avec Belga

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