Federauto: "Le plus mauvais choix pour le secteur serait de dire: voiture, voiture, voiture"

17/09/14 à 20:42 - Mise à jour à 20:42

La nouvelle génération préfère pouvoir se déplacer de façon efficace que détenir sa propre voiture, a reconnu mercredi Carl Veys, président de Federauto, à l'occasion du congrès annuel de la confédération belge du commerce et de la réparation automobile et des secteurs connexes, organisé à Autoworld à Bruxelles.

Federauto: "Le plus mauvais choix pour le secteur serait de dire: voiture, voiture, voiture"

Image d'illustration © Belga

Federauto avait convié la presse, ses membres et le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet pour débattre autour de la mobilité du futur. Le secteur fait face à de gros bouleversements en raison entre autres des changements dans les modes de déplacement. "L'aspect multimodal (utilisation de plusieurs modes de transport pour effectuer des déplacements, NDLR) de la mobilité est plus que jamais à l'avant-plan. Il y aura encore une place pour la voiture mais beaucoup plus réduite qu'aujourd'hui."

"Le plus mauvais choix pour le secteur serait de dire: voiture, voiture, voiture", ajoute pour sa part Luc De Moor, directeur général d'Educam, le centre de connaissance et de formation du secteur automobile. "La voiture doit désormais être complémentaire d'autres services de transport", enchaîne Philippe Pirson, administrateur délégué de Federauto.

Faute de changement dans sa stratégie, le secteur risque de connaître d'importants revers, sur le plan de l'emploi notamment. Dans les domaines de la photographie ou du disque, de grandes enseignes ont connu une fin abrupte en renonçant à s'ouvrir à l'ère numérique, rappelle M. De Moor.

La confédération ne peut que constater la baisse de fréquentation des showrooms des concessionnaires. "Le plus grand changement, c'est le processus de vente qui se déroule de plus en plus en ligne", détaille le patron d'Educam. Le client arrive de plus en plus informé chez le vendeur et ce dernier va donc être amené à faire preuve de créativité s'il veut connaître un avenir prospère, poursuit-il. Cette créativité peut s'opérer selon lui en misant sur les produits de niche, sur la multimodalité, sur la proximité...

Les acteurs secondaires du secteur ne seront pas épargnés. "La fiabilité des véhicules s'améliore et le nombre de pannes inopinées diminuent, ce qui procure moins de travail aux garagistes. Ici aussi, le futur appartiendra à ceux qui peuvent s'adapter", estime un des intervenants.

L'avènement attendu de la voiture sans conducteur devrait également pousser certains travailleurs à opter pour une reconversion. C'est ce que pense René Teeuwen, directeur de l'Association européenne pour la Mobilité durable. Pour lui, le métier de taximan aura ainsi disparu en 2040 tout comme celui d'instructeur auto-école. La voiture sera de plus en plus perçue comme un espace de vie avec toujours plus de connectivité et de possibilités. Et Philippe Pirson d'espérer que ce nouveau type de voiture "avec toutes ses connectivités" puisse "séduire le jeune public".

A une politique anti-voiture, P. Smet préfère une autre pour la qualité de vie

Le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet, ne veut pour sa part pas d'une politique qui soit "contre l'automobile, mais bien une qui améliore la qualité de vie", a-t-il indiqué. "Ce n'est pas parce que je suis connu comme un partisan du vélo et de la marche que je suis contre la voiture", a d'emblée rassuré M. Smet. "Nous devons réserver une place à la voiture, mais surtout veiller à trouver un nouvel équilibre. Car, en ville, plus on lui donne de la place, plus la voiture en prend."

Le ministre reconnaît qu'il faut accorder plus d'espace aux piétons et cyclistes mais pas au détriment de la voiture. "La circulation automobile doit être plus fluide. Une voiture qui roule pollue moins qu'à l'état stationnaire."

Si la thématique revêt une certaine importance pour les navetteurs, Pascal Smet n'entend pas négliger les Bruxellois et leur qualité de vie. Il souhaite ainsi s'attaquer au réaménagement d'une dizaine de ronds-points où le trafic est difficile, à commencer par la place Meiser. Des parkings souterrains et en lisière de la capitale doivent également être créés. En matière de transports publics, il prévoit 3 à 4 nouvelles lignes de trams et une de métro.

Enfin, le secteur des taxis, "une des possibilités de transport les plus sous-estimée de la capitale", selon lui, doit être développé. Il a rappelé par ailleurs qu'il ne voulait pas rejeter d'office les services alternatifs comme Uber.

En savoir plus sur:

Nos partenaires