FEB: "Le moment est venu de remettre le pays dans le droit chemin"

31/05/16 à 14:02 - Mise à jour à 14:04

Source: Belga

Dans une lettre ouverte à l'attention des grévistes, l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, dit comprendre les inquiétudes des travailleurs en grève, mais pas la méthode actuellement usée par les syndicats pour faire entendre leur voix.

FEB: "Le moment est venu de remettre le pays dans le droit chemin"

Pieter Timmermans © Belga

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique, reconnait notamment que "l'urgence d'investissements supplémentaires dans la mobilité n'est plus à démontrer", de même que "les conditions de travail sont indignes dans les prisons", mais estime qu'il est temps "de ramener le calme dans le pays".

"Je suis, comme vous, inquiet pour l'avenir de notre pays, pour l'avenir de nos enfants. J'ai bien conscience que notre pays se situe dans un tournant. Le moment est néanmoins venu de le remettre dans le droit chemin", estime M. Timmermans.

Pour lui, l'impasse dans laquelle sont actuellement plongées bon nombre de négociations - notamment à la SNCB et dans les prisons (les deux principaux syndicats francophones n'ayant pas signé le protocole de M. Geens lundi, NDLR) - n'aura qu'une conséquence: "nous serons tous perdants". "La situation économique n'est pas optimale, mais la reprise se dessine peu à peu", écrit-il, rappelant la situation des années 70 lorsque les grèves massives avaient réussi à faire tomber le gouvernement Tindemans, mais pas à régler les problèmes, selon lui. "Sept ans plus tard (1982), s'en est suivie une paupérisation linéaire et générale de la population, à la suite de la dévaluation du franc belge", prévient-il.

Actuellement, "les entreprises réinvestissent", et les investissements d'aujourd'hui sont les emplois de demain. "Une telle dynamique positive est nécessaire si l'on veut que l'un des piliers forts de notre société, à savoir une sécurité sociale redistributive, reste abordable dans le futur", argumente-t-il encore.

Pour le patron des entreprises, des réformes sont aujourd'hui nécessaires, notamment celles du marché du travail et des régimes de pension, car "le bon sens veut qu'étudier plus longtemps, vivre plus longtemps, travailler moins longtemps et aspirer malgré tout à une pension plus élevée ne sont pas compatibles".

Concernant les investissements publics, "on ne peut nier que les conditions de travail sont indignes dans les prisons comme dans la Justice", de même que "l'urgence d'investissements supplémentaires dans la mobilité n'est plus à démontrer", admet M. Timmermans.

C'est la forme des revendications que dénonce l'homme fort de la FEB. Pour lui, continuer à faire grève reviendrait pour les grévistes à "scier la branche" sur laquelle ils sont assis. Les blocages engendrés mettent à mal la croissance économique "parce que les investisseurs se remettent à hésiter" et les "grèves sauvages" qui prennent travailleurs, voyageurs et étudiants "en otage", ne permettent pas une bonne compréhension des revendications. "Faire la grève et exiger le retrait de toutes les réformes n'est pas réaliste."

En ces temps socialement chauds, "le moment est venu de nous mettre autour de la table des négociations et de ramener le calme dans le pays", avance-t-il. Concrètement, Pieter Timmermans invite les partenaires sociaux du niveau fédéral et des instances régionales à se rencontrer simultanément et à dresser une liste des questions qu'ils souhaiteraient poser aux autorités, afin de "dissiper par mal d'imprécisions et de mauvaises interprétations". Les négociations pourraient alors reprendre avec le gouvernement "pour trouver des réponses".

Le gouvernement a également un rôle à jouer pour débloquer la situation, notamment en demandant un allègement à la Commission européenne des règles Eurostat en matière d'investissements publics pour le pays. "Un peu d'oxygène en matière d'investissements, en cette période de taux d'intérêt au plus bas et de liquidités suffisantes sur les marchés financiers, est plus que défendable aujourd'hui", conclut-il.

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