Face au FBI, le nouveau PDG de Volkswagen charge son prédécesseur

08/05/18 à 10:41 - Mise à jour à 10:41

Source: Afp

Peu après l'inculpation d'un de ses prédécesseurs, le nouveau patron de Volkswagen a coopéré avec la justice américaine dans l'enquête sur le scandale des moteurs truqués, obtenant des garanties personnelles, rapportent mardi des médias allemands.

Face au FBI, le nouveau PDG de Volkswagen charge son prédécesseur

Martin Winterkorn © AFP

Selon le quotidien à grand tirage Bild, le PDG Herbert Diess, nommé mi-avril, a rencontré aux Etats-Unis début mai les enquêteurs du FBI et du département américain à la Justice.

"Le nouveau patron a fait des déclarations aux enquêteurs du FBI et du ministère de la Justice qui se sont avérées accablantes, semble-t-il, pour (l'ancien patron du groupe automobile) Martin Winterkorn", assure le quotidien sans citer de source.

Les enquêteurs américains ont pour leur part promis à M. Diess qu'il serait prévenu en cas d'émission d'un mandat d'arrêt à son encontre, susceptible d'entraîner son interpellation lors de voyages hors d'Allemagne - Berlin n'extradant pas ses ressortissants.

Interrogé par l'AFP mardi matin, Volkswagen n'avait pas réagi dans l'immédiat.

M. Winterkorn, dont l'inculpation a été annoncée le 3 mai, est accusé, avec d'autres dirigeants de Volkswagen, d'avoir "délibérément commis une fraude" pour déjouer les règles antipollution grâce à un logiciel faussant les résultats des tests sur les émissions.

Le journal Süddeutsche Zeitung et l'agence financière Bloomberg assurent aussi, sans citer leurs sources, que M. Diess a reçu ces garanties aux Etats-Unis, mais ils n'évoquent pas de témoignage à charge contre son prédécesseur.

Ces informations de presse s'ajoutent à celles circulant la semaine dernière et affirmant que le groupe automobile se préparerait à se retourner contre Martin Winterkorn afin d'obtenir des millions d'euros de dommages.

Le successeur de M. Winterkorn, Matthias Müller, a lui été débarqué en avril alors qu'il risque aussi des poursuites, aux Etats-Unis comme en Allemagne.

Herbert Diess semble en meilleure position et intéresse moins les enquêteurs car il arrivé dans le groupe aux 12 marques juste avant que n'éclate à l'automne 2015 le scandale Volkswagen.

Volkswagen a reconnu avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600.000 aux Etats-Unis, d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu'à 40 fois les normes autorisées.

Le scandale a déjà coûté au constructeur plus de 25 milliards de dollars en rappels de véhicules et procédures judiciaires. Des recours en nom collectif ont également été déposés.

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