Fabrice Enderlin : "La croissance n'est pas plus simple à gérer que la décroissance"

19/04/16 à 20:28 - Mise à jour à 20:33

Source: Trends-Tendances

Fabrice Enderlin est un DRH passionné. Passion pour les talents qu'il rassemble et passion pour le travail en équipe avec le bien-être des patients en filigrane. Ce quinqua est aussi très engagé dans la responsabilité sociétale de son entreprise.

Fabrice Enderlin : "La croissance n'est pas plus simple à gérer que la décroissance"

Fabrice Enderlin © PG

C'est depuis Madrid, où il s'apprête à recevoir le prix de l'entreprise belge la plus dynamique d'Espagne que Fabrice Enderlin partage avec nous sa vision des ressources humaines modernes. "Dans les RH, nous faisons arriver des trains à l'heure. Comme un train à l'heure, ce n'est pas vraiment une info, on n'en parle pas. Et donc, c'est bien si ce que nous faisons ne se voit pas..." Comme ce fut le cas, lors de la passation de pouvoir, en douceur et dans la continuité entre les CEO Roch Doliveux et Jean-Christophe Tellier en janvier de l'année passée.

Sa voie, Fabrice Enderlin l'a trouvé chez McDonald's. Il y travaillait pendant ses études en sciences po. "Je me dirigeais vers le service public. Puis, j'ai fait un stage à la communauté urbaine de Strasbourg et je m'y suis royalement ennuyé. Alors que le soir, chez McDo, je découvrais les vertus du travail collectif et les façons de faire fonctionner des équipes en utilisant les bons ingrédients. McDo est une bonne école. Vous y recevez vite des responsabilités et je m'y suis engagé dans la formation."

Des laminoirs à la pharma

Cet engagement dans la formation, Fabrice Enderlin le concrétise avec un DESS en RH. Un stage dans un laminoir l'amène alors vers ce qui ne s'appelait pas encore ArcelorMittal. Deux ans plus tard, il entre dans la pharma, qu'il ne quittera plus. D'abord chez Ciba où il pilote la fusion avec Sandoz pour former Novartis. L'Alsacien monte alors à Paris. Après quatre ans chez Novartis, il part chez GSK et accompagne le changement au moment de la fusion de Glaxo Wellcome avec SmithKline Beecham. Roch Doliveux viendra le chercher à Rixensart alors qu'il accompagne la croissance de la division vaccins de GSK. Il arrive en pleine restructuration suite à la perte de nombreux brevets tombés dans le domaine public.

"UCB est aujourd'hui dans une logique de croissance. Ce n'est pas plus simple à gérer que la décroissance. Nous accompagnons la stratégie à partir de la culture. Chez UCB, on parle de Grow (pour la croissance via les nouveaux produits notamment), de Prepare (se préparer à appréhender nos nouveaux patients) et Engage (l'engagement de nos collaborateurs sur nos valeurs). Je suis fier de dire que le taux d'engagement chez UCB est de 83 %, soit quatre points de plus que le benchmark mondial de la pharma !" La culture, le mot est lâché. Chez UCB, ils ont beaucoup travaillé sur la consistance culturelle. "Nos employés représentent plus de 60 nationalités différentes. Ils travaillent ensemble en étant culturellement ouverts aux autres. Faire développer un produit par un Palestinien et un Israélien ou un Chinois et un Coréen, c'est normal pour nous et pour eux. Nos open spaces sont des tours de Babel où règnent la paix et la tolérance."

Responsabilité sociétale

Le défi, Fabrice Enderlin le voit dans la recherche des compétences qui doivent accompagner les nouveaux produits. Comme pour la "neuro", l'immunologie ou l'ostéoporose. "Il faut toujours garder en filigrane la création de valeur pour le patient et sa qualité de vie. Voir qu'une petite patiente comme Bénédicte est passée de 16 crises d'épilepsie par jour à une par mois grâce à nous, cela m'émeut profondément."

Parmi les responsabilités de Fabrice Enderlin chez UCB, on compte aussi la communication interne et externe. Il est également en charge de la partie responsabilité sociétale avec des projets précis en Chine et au Congo pour lutter contre la stigmatisation de l'épilepsie. "Cela me tient très à coeur. Eduquer les populations des zones rurales et leur faire comprendre qu'être épileptique, ce n'est pas être habité par le malin..."

Nominé pour la troisième fois au Trends HR Manager de l'Année, Fabrice Enderlin ne croit gère à sa victoire. "Le jury ne va jamais élire un Français. Encore que je suis Alsacien et pas Français (rires). Mais cette nomination est importante, pas pour moi, mais pour mettre en lumière le travail de l'équipe."

X.B.

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