Electrolux : une baisse des salaires de 40% ou la délocalisation

29/01/14 à 13:17 - Mise à jour à 13:17

Source: Trends-Tendances

La société suédoise d'électroménager Electrolux a suscité une vague de protestation mercredi en Italie en proposant à ses salariés une baisse de salaire, faute de quoi elle pourrait délocaliser ses usines en Pologne.

Electrolux : une baisse des salaires de 40% ou la délocalisation

© belga

Electrolux possède quatre sites en Italie (Susegnana, Porcia, Forli et Solaro), situés dans le nord et le centre de la péninsule, où elle emploie quelque 5.700 personnes.

Lundi, sa direction a proposé aux syndicats un accord prévoyant une baisse de salaire -de 40% selon les syndicats-, faute de quoi elle pourrait délocaliser au moins l'une de ces usines en Pologne, où "le coût du travail est quatre fois moins élevé".

Face aux protestations, le gouvernement a convoqué mercredi après-midi à Rome une table-ronde avec les représentants syndicaux des sites concernés, les collectivités locales et les dirigeants de l'entreprise.

Dans un entretien à la télévision Rai3, le ministre du développement économique, Flavio Zanonato, a affirmé s'engager "personnellement à tout faire pour que la production Electrolux reste en Italie", et à y parvenir "sans aide de l'Etat". "Il pourra y avoir des accords dits de solidarité (entre la direction et les salariés, ndlr), comme cela s'est fait dans d'autres cas, mais de réduction de 40% des salaires, je ne crois pas", a-t-il ajouté.

Selon lui, Electrolux "ne souhaite pas la fermeture" de Porcia, la plus grande des usines du groupe suédois en Italie, avec 1.200 salariés. Dans le quotidien économique italien Il Sole 24Ore, l'administrateur délégué d'Electrolux, Ernesto Ferrario, a démenti mercredi le chiffre des 40%, estimant qu'il ne s'agissait que d'une "réduction du coût du travail de trois euros de l'heure'. "Cela ne m'intéresse pas de savoir de quelle manière le coût du travail sera diminué mais de toutes les façons, il faut que cela se fasse", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas un plan industriel, c'est du chantage", a rétorqué un responsable syndical Augustin Breda, selon lequel la perte de revenus de 40% inclut d'autres éléments (primes d'ancienneté, récupérations, compensations pour jours fériés....). Mercredi matin, dans l'attente des résultats de la réunion à Rome, des centaines de salariés grévistes bloquaient les accès de trois des quatre usines du groupe en signe de protestation, comme ils l'avaient déjà fait mardi.

Géant de l'électroménager domestique (frigidaires, aspirateurs, machines à laver, fours), Electrolux (58.000 employés dans le monde) possède notamment les marques AEG, Zanussi et Arthur-Martin.

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