Électricité: "Illusoire de penser que les entreprises peuvent continuer avec de tels prix"

24/04/17 à 13:49 - Mise à jour à 14:34

Source: Belga

Les prix de l'électricité en Belgique représentent toujours un fardeau pour les grands consommateurs industriels belges, qui souffrent d'un handicap concurrentiel vis-à-vis des pays voisins, avec un surcoût atteignant jusqu'à 40%, selon une étude de Deloitte réalisée pour le compte de la fédération belge des industries consommatrices d'énergie Febeliec.

Électricité: "Illusoire de penser que les entreprises peuvent continuer avec de tels prix"

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"Il est illusoire de penser que l'industrie continuera à croître et prospérer dans ces conditions. Les entreprises iront dans d'autres pays, là où c'est moins cher, c'est aussi simple que cela", avertit le président de Febeliec, Luc Sterckx.

L'étude, dont les résultats ont été présentés lundi, montre que les prix de l'électricité pour les consommateurs industriels sont toujours sensiblement plus élevés en Belgique qu'en France, Allemagne et aux Pays-Bas.

Des entreprises dont la consommation annuelle s'élève entre 100 et 1.000 GWh paient de 10 à 40% plus cher que leurs concurrentes dans les pays voisins. Concrètement, cela représente un surcoût "de plusieurs centaines de millions d'euros par an".

C'est en Wallonie que le handicap énergétique est le plus important. Une entreprise dont la consommation annuelle atteint 100 GWh paye son électricité en moyenne en Wallonie 1,8 million d'euros par an en plus par rapport à une entreprise concurrente d'un pays voisin. En Flandre, cette différence se monte à 1,1 million d'euros. Pour les plus gros consommateurs (1.000 GWh par an), la différence entre le nord et le sud du pays est encore plus prononcée avec une facture moyenne de 4,8 millions d'euros par an en Flandre et de 6,4 millions en Wallonie.

La différence entre la Belgique et ses voisins s'est, certes, quelque peu atténuée par rapport à l'année précédente mais elle reste "substantielle", singulièrement par rapport à l'Allemagne, souligne Luc Sterckx.

Le gros point noir réside dans les frais de transport et de distribution en Belgique. Là où nos pays voisins accordent des réductions jusqu'à 90%, un tel système n'existe pas chez nous.

Febeliec tape donc à nouveau sur le clou en réclamant l'adoption en Belgique d'une norme énergétique à l'instar de la norme salariale mise en place pour préserver la position concurrentielle des entreprises belges.

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