Duferco: une fermeture "inéluctable", selon les syndicats

27/03/13 à 12:10 - Mise à jour à 12:10

Source: Trends-Tendances

L'annonce, mercredi, de la fermeture de l'entreprise sidérurgique Duferco à La Louvière met un terme à un scénario inévitable, selon les syndicats qui estiment que les travailleurs ont voté pour la moins mauvaise des solutions.

Duferco: une fermeture "inéluctable", selon les syndicats

© Image Globe

Le plan de survie proposé par la direction de Duferco n'a pas été concrétisé, un plan que les syndicats estimaient irréalisable. "Le contexte économique du marché rendait de toute façon invivable le plan de survie sur trois ans proposé par la direction", a indiqué Manuel Morais du Setca-Centre.

"La décision de fermer est argumentée du côté de la direction par un contexte économique très tendu. Nous estimons que ce scénario était une réalité de longue date mais il n'a jamais été clairement exprimé. Nous avons négocié très tard pendant la nuit de mardi à mercredi. Les chiffres présentés par la direction parlaient d'eux-mêmes. Faire appel à un audit externe qui aurait travaillé pendant plusieurs semaines pour confirmer la même chose n'aurait servi à rien, les pertes étant récurrentes", poursuit Manuel Morais.

Les travailleurs ont accepté le volet social lié à la fermeture négocié par les syndicats. "Nous estimons toutefois que, malgré la réalité actuelle, nous avons tout mis en oeuvre pour conserver une activité sidérurgique à La Louvière: 536 emplois ont pu être sauvés chez NLMK", souligne encore le responsable syndical.

Pour la CSC Métal, c'est une nouvelle journée noire à inscrire dans l'histoire industrielle wallonne, même si la fermeture était inévitable. "Les pertes s'accumulaient chez Duferco et le marché se dégradait sans cesse, comme dans un cercle vicieux, " souligne Camillo d'Aloisio. "Le plan de sauvetage ne tenait même plus la route. Les travailleurs ont opté pour le volet social qui leur permettra de passer un certain temps honorablement mais l'argent ne remplace pas l'emploi."

Près de 400 emplois vont passer à la trappe

Le plan social chez Duferco comprend la prépension à 52 ans, des primes de départ liées à l'ancienneté en plus des primes de licenciement. "Au total, 379 travailleurs toutes catégories confondues étaient encore occupés sur le site de Duferco: 119 d'entre eux ont accès à la prépension à 52 ans et 260 seront licenciés", ont précisé les syndicats. Par ailleurs, à côté des mesures sociales, l'outil sera maintenu en état, le site sera mis à la disposition de tout repreneur potentiel et, dans le cas d'une éventuelle reprise, priorité sera donnée aux travailleurs de Duferco en fonction de leurs compétences, ont poursuivi les représentants des travailleurs.

Antoine insiste sur le plan d'accompagnement social
Le ministre wallon de l'Emploi, André Antoine, a annoncé mercredi "avoir pris acte" de l'annonce de fermeture du site de Duferco à La Louvière, assurant qu'il prendrait contact dans la journée avec la direction de l'entreprise et les organisations syndicales afin qu'un accompagnement soit rapidement mis en place.

Il conviendra dès lors de définir les modalités d'initiation d'un plan de reconversion au sein du Forem, afin qu'une structure ad hoc soit opérationnelle pour accompagner les travailleurs vers un retour à l'emploi. Pour ce faire, des cellules de reconversion seront rapidement activées en étroite collaboration avec le monde syndical, a ajouté M. Antoine (cdH), qui est aussi vice-président du gouvernement wallon.

Le plan d'accompagnement des reconversions peut être activé lorsque toutes les possibilités de reconversion ont été épuisées par la négociation entre les interlocuteurs sociaux et que le plan social a été négocié et accepté par les travailleurs. Le dossier sera par ailleursabordé jeudi au gouvernement wallon.

Dans le cadre des différentes annonces de fermeture de ces dernières semaines tant chez Arcelor, que Caterpillar, Saint Gobain Sekurit ou encore Duferco, M. Antoine ajoute qu'un contact a été pris avec le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) afin d'introduire des demandes d'intervention financière. Un groupe de travail a été mis en place, sous la coordination du ministre de l'Emploi et de la Formation afin de constituer les dossiers à présenter.

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