Développement durable : la FEB est opposée à un verdissement de la fiscalité

20/03/13 à 17:44 - Mise à jour à 17:44

Source: Trends-Tendances

La FEB n'est pas d'accord avec un "verdissement" de la fiscalité, à savoir un glissement de la fiscalité du travail vers une fiscalité environnementale et ce malgré le fait qu'un tel objectif est repris dans les recommandations de l'Union européenne pour la Belgique, a indiqué Philippe Maystadt, président du Conseil Fédéral du Développement Durable (CFDD).

Développement durable : la FEB est opposée à un verdissement de la fiscalité

© Belga

M. Maystadt a été entendu mercredi par la Commission spéciale de la Chambre "Climat et développement durable" pour y présenter les priorités du Conseil pour les cinq années à venir.

"Malheureusement, malgré trois réunions du bureau et un réaménagement du texte initial, la FEB n'a pas marqué son accord avec le texte présenté à l'assemblée générale", a dit M. Maystadt.

Celui-ci a expliqué qu'il avait proposé de retenir trois axes comme priorités reprenant notamment comme thème la transition vers une économie bas carbone. "Il y a un large consensus pour dire que le réchauffement climatique dû à l'activité humaine conduira à de gros problèmes dans les années à venir et qu'il faut donc aller vers une économie plus économe d'énergie. Le problème est de savoir comment y arriver et comment financer cette transition".

M. Maystadt a ajouté qu'il avait été surpris de constater dans cette perspective l'opposition de la FEB à tout "verdissement" de la fiscalité. "C'est la première fois que je me trouve devant une telle arrogance. La FEB a dit non sans même expliquer la raison de son refus".

Pourtant, dans ses recommandations pour la Belgique, la Commission européenne a préconisé un glissement de la fiscalité sur le travail vers une fiscalité environnementale. "Et nous savons que notre pays est dans le top 3 pour fiscalité sur le travail et qu'il vient en 20e position pour la fiscalité environnementale".

La FEB, dit M. Maystadt, part du principe qu'une augmentation de la fiscalité verte entraînera une augmentation des prix qui se répercutera dans l'index. "Je sais que l'index est un sujet délicat chez nous, mais cela ne devrait pas être une raison de refuser d'ouvrir le débat".

"Cette instance manque peut-être d'hommes politiques", a remarqué le président de la Chambre André Flahaut, qui préside cette Commission. Il s'est inquiété du fait que le Conseil n'ait pas pu se mettre d'accord sur des priorités pour les prochaines années. "Si on n'est pas d'accord sur l'itinéraire du voyage, on n'arrive jamais à destination".

"Je partage votre inquiétude. J'ai pourtant consacré beaucoup de temps au Conseil", a répliqué M. Maystadt. Il fera une nouvelle tentative pour arriver à un accord mais a laissé entendre que s'il ne réussit pas "il en tirera des conclusions sur le plan personnel".

Thérèse Snoy et d'Oppuer (Ecolo) a souligné que les organisations patronales n'avaient jamais été favorables à ce type de forum. Elles préfèrent travailler avec les partenaires sociaux traditionnels alors que le Conseil compte aussi des représentants de la société civile.

Josy Arens (cdH) a insisté pour la Conseil tienne aussi compte de la dimension communale qui peut parfois faire avancer les choses. David Clarinval (MR) a quant à lui souligné qu'on perdait souvent de vue la dimension économique dans les débats sur l'environnement.

Et de rappeler que la Commission européenne s'attachait à mettre au point une nouvelle stratégie industrielle après les drames comme celui de la fermeture d'Arcelor-Mittal.

La FEB s'est par ailleurs abstenue, pour les mêmes raisons, sur l'avis du CFDD sur le suivi, en Belgique, de la réunion de Rio+20.

La FEB s'étonne des propos de M. Maystadt

La Fédération des Entreprises de Belgique a affirmé avoir pris connaissance "avec étonnement" des propos du président du Conseil fédéral du développement durable (CFDD).

"L'avis émis sur ce thème en 2009 au sein du CFDD (avis auquel la FEB a pleinement contribué) prouve la non-pertinence de ces allégations", a déclaré l'organisation patronale dans un communiqué. Selon la FEB, M. Maystadt pointe toutefois à juste titre le rôle de l'index dans ce débat. "Si l'on ne neutralise pas dans l'index les effets inflationnistes consécutifs à une augmentation de la fiscalité verte, les coûts salariaux belges continueront à déraper et des emplois seront perdus", a-t-elle souligné.

La FEB estime également que le président d'un organe de concertation (M. Maystadt, ndlr) est tenu, dans le cadre d'une concertation en cours, "de faire preuve de réserve", et qu'il devrait "se concentrer entièrement sur l'atteinte d'un consensus entre les membres".

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