Des salariés d'Air France jugés dans le scandale de la "chemise arrachée"

27/09/16 à 08:47 - Mise à jour à 08:48

Source: Belga

(Belga) La photo d'un responsable d'Air France, la chemise en lambeaux, avait fait le tour du monde. Le procès de 15 salariés de la compagnie aérienne s'ouvre mardi, un an après ces violences jugées catastrophiques pour l'image de la France.

Des salariés d'Air France jugés dans le scandale de la "chemise arrachée"

Des salariés d'Air France jugés dans le scandale de la "chemise arrachée" © BELGA

Poursuivis pour "violences" ou pour "dégradation", ils doivent comparaître mardi et mercredi à Bobigny, près de Paris, où plusieurs syndicats ont appelé à manifester pour "exiger leur relaxe". Les prévenus, dont certains ont déjà été licenciés par Air France, encourent au maximum trois ans de prison et 45.000 euros d'amendes. L'affaire remonte au 5 octobre 2015. Au siège d'Air France, sur le site de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, la direction présente aux représentants du personnel un plan de restructuration qui menace 2.900 emplois. A l'extérieur, plus de 2.000 manifestants sont rassemblés pour protester contre ce projet. Soudain, une centaine parvient à forcer la grille d'accès. Lors d'un mouvement de foule, deux directeurs sont malmenés, ainsi que des vigiles chargés de leur protection. Au cri de "à poil, à poil", "démission", l'un d'eux se retrouve torse nu, forcé d'escalader un grillage pour échapper à la vindicte. L'autre est évacué chemise et costume déchirés entre deux agents de sécurité. Les deux responsables sortent indemnes de l'épisode mais les images de leur fuite, filmées par de nombreux médias, mettent à mal les efforts du gouvernement socialiste pour convaincre les investisseurs étrangers que le climat social s'est apaisé dans un pays habitué aux grèves et manifestations. Depuis, Air France, portée par une conjoncture favorable, est revenue sur son plan de restructuration mais reste secouée par des tensions avec les pilotes et le personnel de cabine qui ont observé plusieurs jours de grève fin juillet. Dans le tribunal, les débats s'annoncent tout aussi houleux entre des prévenus enclins à dénoncer la "violence patronale" et une direction qui juge inacceptable le recours à la violence physique. (Belga)

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