Des médicaments moins chers... mais pas forcément moins nocifs

11/05/10 à 14:48 - Mise à jour à 14:48

Source: Trends-Tendances

Les médicaments sont en moyenne 2,3 % moins chers cette année qu'en 2009, avance l'Institut des comptes nationaux. Attention, prévient Test-Achats : depuis la création d'un point de contact pour les patients en 2006, plus de 800 notifications d'effets indésirables et de problèmes liés à l'utilisation de médicaments ont été communiqués. Par ailleurs, les pharmaciens eux-mêmes devront bientôt souscrire une assurance responsabilité civile pour se protéger en cas d'erreur.

Des médicaments moins chers... mais pas forcément moins nocifs

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Depuis le début de l'année, les médicaments sont en moyenne 2,3 % moins chers qu'en 2009, indique mardi l'Institut des comptes nationaux dans sa dernière analyse des prix. C'est la conséquence de baisses de prix réalisées depuis mai 2009. Les biens et les services sont en revanche devenus plus onéreux pour le consommateur belge au premier trimestre de 2010.

Notre pays applique cependant des prix de médicaments modérés, montre une récente comparaison de Pharma.be (février 2010) entre la Belgique et ses pays voisins. En Belgique, les prix des médicaments présents depuis moins de deux ans sur le marché sont 6 % plus bas qu'aux Pays-Bas et 15 % plus bas qu'en Allemagne, alors que les prix en France sont inférieurs de 4 % à ceux pratiqués dans notre pays.

Les prix des médicaments présents sur le marché depuis deux à cinq ans sont, en Belgique, 1 % à 19 % inférieurs à ceux pratiqués dans ces trois pays voisins. Les prix des médicaments présents sur le marché depuis cinq à dix ans sont quant à eux 9 % plus bas en Belgique qu'aux Pays-Bas et 34 % plus bas qu'en Allemagne. En France, les prix sont inférieurs de 1 % à ceux pratiqués en Belgique.

Les nouveaux médicaments et les médicaments sans prescription ne sont pas sans danger, prévient Test-Achats

Depuis la création d'un point de contact pour les patients en 2006, Test-Achats dénombre plus de 800 notifications d'effets indésirables et de problèmes liés à l'utilisation de médicaments. Les nouveaux médicaments et les médicaments délivrés sans prescription médicale ne sont pas épargnés, selon l'organisation de défense des consommateurs. Pour Test-Achats, la notification d'effets indésirables est très importante, notamment pour les nouveaux médicaments dont le profil de sécurité n'est pas encore entièrement connu.

L'association a reçu 13 notifications pour le Champix (anti-tabac) : les pensées suicidaires, les troubles du sommeil et les rêves anormaux sont les effets les plus fréquemment rapportés. Treize notifications ont également été reçues concernant le Pandemrix, le vaccin utilisé lors de la récente épidémie de grippe A/H1N1. Pour Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats, si ces chiffres paraissent faibles, les effets indésirables de ces nouveaux médicaments ne sont toutefois pas négligeables.

De même, les médicaments sans prescription médicale sont souvent considérés par les patients comme inoffensifs mais ils peuvent causer des effets indésirables. Test-Achats a reçu 60 notifications pour les médicaments sans prescription, soit 7,5 %.

Dix-neuf notifications ont également été reçues pour les somnifères et les calmants, la Belgique étant l'un des pays européens où l'on en consomme le plus. Les effets indésirables signalés sont la dépendance, les troubles de la concentration et de la mémoire, la somnolence, l'agitation et les pensées dépressives.

Les patients ne veulent souvent pas se limiter aux effets indésirables et souhaitent communiquer davantage. Ainsi 24 % d'entre eux émettent-ils une plainte, signale encore Test-Achats.

Médicaments sans prescription : recul de leur part dans les recettes des pharmacies

La part des médicaments sans ordonnance dans les recettes des pharmacies est en recul, peut-on par ailleurs lire mardi dans L'Echo. Cette "perte de poids" serait le reflet du coût des nouvelles molécules.

Selon des chiffres de Pharma.be, les ventes de molécules en vente libre (OTC) tournent, depuis 2004, autour de 1,5 milliard de doses moyennes journalières. Toutefois, leur part dans les ventes totales de médicaments en officines est en recul, passant de 24,3 % en 2004 à 20,6 % en juillet de l'an dernier.

Cette baisse s'expliquerait par l'apparition de nouveaux médicaments délivrés sur ordonnance : "Si la consommation de médicaments sans ordonnance est stable depuis le début des années 1990, la part prise par les molécules délivrées sous ordonnance a progressé de près de 4 % depuis 2004, selon un consultant spécialisé en pharmacie. Et le vieillissement de la population est à lui seul responsable de 2,5 % de cette progression."

La part prise par les médicaments OTC dans le chiffre d'affaires global des officines est elle aussi en recul. Elle tourne autour de 13 % depuis 2004, alors que les recettes des molécules sans ordonnance ont progressé de 22 % en cinq ans.

Les pharmaciens bientôt obligés de souscrire une assurance responsabilité civile

Ces mêmes pharmaciens devraient bientôt être obligés de souscrire une assurance responsabilité civile, selon le magazine professionnel De Apotheker/Le Pharmacien. L'Ordre des pharmaciens étudie actuellement la manière dont cette obligation pourrait être inscrite dans le code déontologique de la profession.

Plusieurs professionnels, comme les médecins et les architectes, sont déjà légalement contraints de souscrire pareille assurance. Les pharmaciens n'y sont pour le moment pas obligés, même s'ils ne sont pas à l'abri d'une erreur aux conséquences potentiellement lourdes. Voici quelques semaines, une pharmacienne a ainsi été condamnée à payer d'importants dommages-intérêts pour s'être trompée dans le nombre de pilules à avaler qu'elle avait inscrit sur la boîte d'une patiente...

Dans certains cas, ces dommages-intérêts peuvent ruiner un pharmacien. Une assurance RC obligatoire leur permettrait de s'immuniser contre les conséquences de leurs erreurs envers des tiers, un élément à la fois rassurant pour le pharmacien et le patient.

Trends.be, avec Belga

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