CVC joue les trouble-fêtes chez bpost

19/12/13 à 14:40 - Mise à jour à 14:40

Source: Trends-Tendances

Le fonds n'a pas fait un cadeau à Johnny Thijs en sortant précipitamment du capital de bpost. Seul actionnaire, le gouvernement en profite pour forcer le CEO à diminuer drastiquement son salaire. Incertitudes et tensions à tous les étages.

CVC joue les trouble-fêtes chez bpost

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Introduction en Bourse réussie avec la distribution d'un premier dividende intérimaire, croissance des résultats au 3e trimestre, boom de l'activité "paquets" dopée par l'e-commerce... l'année 2013 aurait pu se terminer en beauté pour bpost si CVC Capital Partners n'avait pas joué les trouble-fêtes. Le fonds d'investissement britannique vient, en effet, de revendre sur le marché les 19,7 % du capital qu'il détenait encore au prix de 14,75 euros l'action, empochant 580 millions d'euros. Même si la décision était attendue, elle précipite un peu les choses pour Johnny Thijs, son CEO depuis 2002.

Lors de l'introduction en Bourse de l'opérateur postal, son conseil d'administration s'était prononcé à l'unanimité en faveur de la reconduction de Johnny Thijs (62 ans). Mais voilà que le gouvernement Di Rupo a décidé de limiter le salaire des CEO des entreprises publiques à 290.000 euros bruts par an (avec majoration possible de 10 %). Or, le patron des postiers perçoit actuellement 1,1 million d'euros et son mandat se termine le 7 janvier. Ce dernier a déjà affirmé qu'il était prêt à faire un effort mais pas à accepter le plafond de 290.000 euros.

Dossier politique lié à celui de Belgacom Si la sortie de CVC, comme l'a assuré Johnny Thijs, "n'aura pas d'impact sur les services fournis aux clients et les engagements pris vis-à-vis du personnel", elle risque bien d'avoir des conséquences pour lui. Désormais seul maître à bord, le gouvernement en profite pour l'obliger à réduire drastiquement son salaire. On parle d'une diminution de l'ordre de 60 %. Ce serait à prendre ou laisser, d'aucuns estimant au sein du gouvernement, que l'Etat n'est plus lié par l'obligation de reconduire Johnny Thijs dans ses fonctions. Or, le CA qui ne forme qu'un a répété dans une lettre, il y a un mois, son souhait de prolonger le mandat de ce dernier pour six ans.

Ce dossier très politique est lié à la rémunération du futur patron de Belgacom. Le comité de rémunération de l'entreprise de télécoms a déjà proposé un montant compris entre 900.000 et 1,1 million. Encore trop, juge le PS. Une nouvelle proposition sera examinée en kern ce vendredi, avance-t-on au cabinet du ministre de tutelle Jean-Pascal Labille (PS). Et c'est en fonction de cela que Johnny Thijs saura à quelle sauce il peut continuer. Cette incertitude, qui n'est pas bonne pour les marchés financiers -- "les investisseurs ont acheté bpost avec Johnny Thijs", dit-on, s'ajoute au regain de tension sur le terrain. La CSC a déposé un préavis couvrant toutes les actions éventuelles. Le syndicat dénonce la dégradation des conditions de travail suite à l'introduction d'un nouveau système de distribution du courrier, actuellement en test.

SANDRINE VANDENDOOREN

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