Coyote lance un terminal anti-Waze

23/11/17 à 15:29 - Mise à jour à 15:56

L'avertisseur de radar Coyote, très populaire en Belgique (1,23 million d'abonnés !), lance enfin un terminal navigateur qui tient compte du trafic.

Coyote lance un terminal anti-Waze

© https://coyote.prezly.com/media#

Le pas est important pour Coyote. Le service d'origine française est apprécié en Belgique, avec aujourd'hui 1,235 million d'abonnés. Il est particulièrement connu pour indiquer les radars et les embarras sur la route empruntée. Il avait lancé naguère un terminal dotés aussi d'un GPS, mais il ne tenait pas compte du trafic, ce qui est embarrassant sur Bruxelles ou Anvers, les capitales des embouteillages. Il faisait mauvaise figure face aux terminaux haut de gamme de Garmin ou de Tom Tom, et surtout à l'appli Waze, qui est gratuite et compte 250.000 utilisateurs réguliers en Belgique, en forte croissance, alors que le service Coyte revient à 12 euros par mois.

Nourri par les données de trafic des abonnés de Coyote

Les choses pourraient changer avec le terminal Nav+ qui vient d'être lancé par la société française. Il s'agit à la fois d'un appareil Coyote avec toutes les infos radars et de circulation et aussi d'un navigateur, dont les trajets tiennent compte de l'état du trafic de manière dynamique. L'appareil est commercialisé pour la somme de 379 euros. L'efficacité du tracé des routes alternatives, pour contourner les embouteillages, s'appuie sur les données de trafic massive que Coyote recueille (anonymement) après de son million d'utilisateur.

La pari de Coyote est de commercialiser un service payant sur un créneau où les particuliers ne sont pas très enclins à ouvrir leur portefeuille. Tom Tom a tenta naguère de commercialiser des abonnements pour ses terminaux navigateurs pour les services d'infotrafics, mais le public n'avait pas mordu. Coyote est parvenu, lui, à développer un service payant qui continue à gagner du public, malgré la concurrence gratuite, grâce à l'attrait des infos sur les radars, essentiellement fournies par les utilisateurs eux-mêmes. Ces derniers signalent sur leurs terminaux (ou appli de smartphone) les radars mobiles qu'ils croisent et font profiter l'information à tous les abonnés qui suivent la même route. Ils signalent aussi d'autres éléments (accidents, pneu sur la chaussée, etc.).

Elargir les services vers la détection de la fatigue

Ce nouvel appareil montre la tendance de Coyote à élargir ses services, à devenir un assistant à la conduite pour les abonnés. La Nav+ va intégrer la commande vocale, un service d'information sur les parkings et aussi un système pour détecter la fatigue du conducteur, et lui envoyer un message pour lui recommander un arrêt. La cartographie est fournie par Here, une société propriété de Daimler, Volkswagen et BMW, qui alimente les GPS de nombreuses automobiles.

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"Waze n'est pas un concurrent"

Sera-ce suffisant pour freiner la concurrence de Waze ? Les applis concurrentes sur smartphone bénéficient de l'amélioration des écrans, avec les téléphones toujours plus grands, et la baisse des coûts de communication, avec la fin du roaming. "Nous continuons à progresser, et notre optique est différente : Waze est surtout une régie publicitaire, elle exploite les données de trafic des utilisateurs pour vendre de l'espace aux annonceurs, ce n'est pas du tout notre cas" avance Vincent Hébert, directeur général de Coyote Benelux. Il estime que les applis sur smartphone sont moins utilisées que des terminaux dédiés comme celui de Coyote. "Nous avons constaté que nos terminaux sont utilisés en moyenne 90 minutes par jours, contre 18 minutes pour la version application smartphone de Coyote." Il assure aussi qu'il n'y a pas d'hémorragie des abonnés puisqu'ils "se réabonnent à 98%". Et aussi que "Waze n'est pas un concurrent", bien que les services se chevauchent de plus en plus. Propriété de Google, Waze génère des revenus en affichant des publicités sur son appli, notamment lorsque le véhicule est à l'arrêt.

Un terminal multipuces

Les terminaux Coyote sont dotés de puces GPS et d'une carte SIM GSM, qui permettent de connaître la position du véhicule et d'échanger des informations. Le Nav+ contient aussi une puce Wifi pour la mise à jour de la cartographie, qui peut aussi s'opérer sur le réseau GSM 4G.

Ainsi le pari de Coyote est qu'il continuera à progresser en élargissant ses services, et toujours avec l'argument central de l'info sur les radars. Il ne craint pas la concurrence des équipements intégrés par les constructeurs automobiles. "Le cycle de conception et de production est très long, les cartes GPS ont au minimum 18 mois de retard par exemple" continue Vincent Herbert. Puis le marché est surtout constitué de voitures d'un certain âge, à l'équipement de navigation inexistant ou dépassé, le Belge gardant son auto plus de 8 ans. Ce qui laisse un large marché à Coyote et à tous les applis concurrentes sur smartphone, par définition toujours plus récents et plus aisément mis à jour.

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