Construction: jusqu'à 18.000 emplois sacrifiés en 4 ans

18/11/14 à 13:54 - Mise à jour à 13:54

Source: Belga

En deux ans et demi, le secteur de la construction a perdu 12.400 emplois et 6.000 emplois supplémentaires pourraient disparaître d'ici la fin de l'année prochaine, a mis en garde mardi la Confédération Construction au cours d'une conférence de presse.

Construction: jusqu'à 18.000 emplois sacrifiés en 4 ans

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"L'absence de croissance économique et le phénomène du dumping social continuent de peser sur notre secteur. Nous espérons que le gouvernement va prendre conscience de la gravité de la situation", a commenté Robert de Mûelenaere, l'administrateur délégué de la fédération patronale.

Selon cette dernière, l'activité du secteur devrait progresser - jusqu'à 2% - en 2014 après avoir reculé de 1,3% en 2013 mais cette embellie est en "grande partie due aux conditions climatiques particulièrement favorables du début de l'année". Quant à l'année 2015, elle devrait être marquée par une croissance nulle, "voire pire", d'autant que la construction neuve est "toujours en proie aux difficultés", plombée - malgré la faiblesse des taux - par un chômage élevé, des mesures budgétaires défavorables à la construction et des revenus disponibles sous pression.

"Le ciel est moins gris du côté des rénovations", a poursuivi la Confédération qui table sur une croissance de 3,4% de ce segment en 2015, les ménages anticipant le relèvement - de 5 à 10 ans - de l'âge des habitations bénéficiant d'une TVA à 6% à partir de 2016. Quant au non-résidentiel, il devrait progresser de 1% en 2015 tandis que le génie civil est confronté à des perspectives "franchement négatives", en raison notamment du repli sensible des travaux de voiries et des mesures d'économie imposées à la SNCB.

"Dans le meilleur des cas, le secteur de la construction pourra éviter un recul en 2015", a résumé la fédération. En cause, selon elle: l'absence de croissance économique mais surtout le dumping social qui profite aux entreprises étrangères. "En 2014, d'après les résultats d'une enquête menée auprès de nos membres, pas moins de huit entrepreneurs sur 10 disent avoir perdu un marché au profit d'une entreprise étrangère moins chère", a précisé la Confédération qui appelle dès lors à la mise en place d'une "politique approfondie de prévention et de sanctions", en imposant notamment l'identification des travailleurs sur les chantiers.

La fédération patronale plaide en outre pour que les donneurs d'ordres qui acceptent des prix anormalement bas puissent être sanctionnés et pour que l'agréation obligatoire des entrepreneurs pour les marchés publics soit étendue aux sous-traitants. "Le secteur souhaite également mener une réflexion sur la question de la limitation des chaînes de sous-traitance", a-t-elle ajouté en prônant enfin, sans surprise, une réduction du coût salarial pour les entreprises.

"Nous croyons en la bonne volonté du nouveau gouvernement mais les mesures relatives au dumping social et à la compétitivité sont clairement insuffisantes", a conclu Robert de Mûelenaere, selon qui il faut désormais "agir d'urgence".

L'accord de gouvernement suscite une "déception immense"

Par ailleurs, l'accord de gouvernement suscite "une déception immense" car ce qui est prévu pour le secteur de la construction est "absolument marginal", a encore regretté Robert de Mûelenaere.

"Les réductions de charges prévues sont dérisoires puisqu'elles ne permettront de contracter le coût salarial qu'à hauteur de 0,3%, ce qui est parfaitement inadmissible" alors que les salaires représentent 40 pc des coûts du secteur, a-t-il ajouté en appelant à l'instauration de réductions spécifiques pour la construction.

Selon la Confédération, le secteur pourrait perdre un total de 40.000 emplois au cours de la période qui s'étend de la fin 2011 à la fin de la législature actuelle, en 2019. Si ce chiffre se vérifie, cela conduira "à un recul des rentrées fiscales et parafiscales (IPP, ISOC, ONSS et TVA) de 2,1 milliards d'euros" annuellement, a encore indiqué la fédération patronale.

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