Commerces et entreprises, premières victimes de la lutte anti-terroriste

23/11/15 à 12:51 - Mise à jour à 16:22

Source: Belga

Le préjudice des mesures anti-terroristes du week-end pour les petits commerces bruxellois "s'exprime en millions, voire même en dizaines de millions d'euros", estime ce lundi le SDI, qui comprend toutefois la gravité de la situation et le bien-fondé des mesures décidées.

Commerces et entreprises, premières victimes de la lutte anti-terroriste

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Suite aux mesures anti-terroristes exceptionnelles mises en application ce week-end dans la capitale, la plupart des commerces bruxellois ont été contraints de fermer leurs portes. Dans un communiqué, le Syndicat des Indépendants et des PME (SDI) a tenu à rappeler que les samedis sont traditionnellement des journées indispensables pour assurer la survie financière des petits commerces, qui souffrent déjà à cause de la crise et de la concurrence de la grande distribution.

"Les commerçants ont été victimes d'une réelle désaffection de leur clientèle en raison de la peur suscitée par la menace terroriste. Le manque à gagner et la baisse de fréquentation de la clientèle vont être très difficiles à compenser pour un grand nombre de petits commerçants. Pour le SDI, le préjudice s'exprime en millions, voire même en dizaines de millions d'euros", explique le syndicat.

Les touristes sauvent (un peu) les commerçants

"Nos clients habituels ne sont pas là", expliquait dimanche un vendeur de bandes dessinées installé dans le piétonnier à La Libre. "J'ai hésité à ouvrir mon magasin. Les fêtes approchent et c'est une période clé pour les ventes de BD. On aurait eu une grosse perte financière en cas de fermeture." Neuf clients sur dix qui rentrent dans la boutique sont des touristes, expliquait-il encore au quotidien.

Compensations

Le SDI souhaiterait par conséquent que les autorités politiques envisagent des compensations pour les commerçants qui démontrent un préjudice subi.

"Même s'ils ne gagnent rien, les commerçants restent tenus de payer leur personnel ainsi que leurs frais et charges et que leurs créanciers, comme le fisc, la TVA et l'ONSS pour ne citer qu'eux, ne tolèrent pas le moindre retard de la part des entreprises, rappelle le Syndicat des Indépendants et des PME.

"Le manque d'informations accroît le sentiment d'incertitude parmi les entreprises"

Enfin, le SDI souhaite que le gouvernement adopte une ligne de conduite claire vis-à-vis des commerçants. "La panique et le manque d'informations accroissent le sentiment d'incertitude parmi les entreprises qui se demandent quelle est la stratégie à adopter pendant une période de renforcement sécuritaire."

"Une information distillée au compte-gouttes et en dernière minute, qui ne prête pas suffisamment attention aux conséquences dommageables que les décisions et les recommandations de fermeture font peser sur la rentabilité des commerçants", conclut le communiqué du SDI.

Horeca: "La priorité va à la sécurité de nos clients"

Du côté de l'horeca, Marc Van Muylders, vice-président d'Horeca Bruxelles, a expliqué ce lundi sur Radio 1 que si l'impact du niveau élevé de la menace terroriste pèse fortement sur le secteur à Bruxelles, les tenanciers de cafés et les restaurateurs comprennent les mesures réclamées par les autorités.

"La priorité va à la sécurité de nos clients", a convenu M. Van Muylders. L'appel des forces de l'ordre à fermer les établissements est suivi très largement, de sorte que la police puisse concentrer ses forces sur les opérations anti-terroristes, a-t-il ajouté.

L'impact financier est toutefois difficile à soutenir. "Pour beaucoup, le week-end représente plus de la moitié du chiffre d'affaires. La situation est exceptionnelle, mais par la suite, il faudra voir comment on peut résoudre cela via le paiement des charges sociales, de la TVA, du loyer", selon Marc Van Muylders.

"Ce n'est toutefois pas encore à l'ordre du jour. Ce qui l'est, c'est que les autorités trouvent une solution aussi vite que possible, pour pouvoir rouvrir les portes au plus tôt".

Plusieurs grandes enseignes et centres commerciaux fermés

Par ailleurs, plusieurs grandes enseignes et centres commerciaux étaient fermés ce lundi à Bruxelles à la suite de la décision de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) de maintenir le niveau d'alerte terroriste à son maximum en région bruxelloise et au niveau 3 dans le reste du pays.

Sont notamment concernés les Decathlon d'Evere et d'Anderlecht, les magasins IKEA d'Anderlecht et Zaventem, le Westland Shopping d'Anderlecht, le Woluwe Shopping Center de Woluwe-Saint-Lambert ou encore City 2. Les centres commerciaux Shopping Cora d'Anderlecht et Woluwe ainsi que les hypermarchés Cora d'Anderlecht et Woluwe ont également gardé portes closes lundi.

Les magasins de la chaîne Carrefour ont quant à eux ouvert leurs portes aux clients lundi à Bruxelles. Seuls quelques magasins sont fermés sur demande des autorités, notamment les magasins Carrefour installés dans la station de métro Rogier et à City 2.

Le son de cloche est similaire du côté du concurrent Delhaize, dont les succursales ont ouvert à l'exception de celles situées dans les centres commerciaux Westland et Basilix (Berchem-Sainte-Agathe).

Des deux côtés, on indique que des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises pour assurer la sécurité des clients et du personnel dans les enseignes ouvertes.

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