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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/12/17 à 15:06 - Mise à jour à 15:06

Comment les smartphones vont sauver le business de L'Oréal

En Chine, l'heure est aux questions pour les économistes et les investisseurs. En effet, si le pays est encore en bonne croissance, certains pensent que celle-ci risque d'être ralentie. Mais cela n'effraie pas tout le monde...

Comment les smartphones vont sauver le business de L'Oréal

© Reuters

À qui la faute si la croissance chinoise montre des signes d'essoufflement ? Et bien la faute aux Chinois eux-mêmes ou plutôt aux Chinois les plus spéculateurs. En effet, pour contrer la spéculation, qui est un sport national, et pour éviter ses effets négatifs en termes de dette privée ou de hausse de l'immobilier, le gouvernement chinois a pris certaines dispositions pour éviter tout dérapage.

Et si ces mesures en effraient certains, ce n'est visiblement pas le cas de l'entreprise L'Oréal, le géant mondial des cosmétiques. Le patron de la filiale chinoise, Stephane Rinderknech l'a d'ailleurs dit publiquement à la chaîne d'information économique américaine CNBC: il ne jure que par la Chine, et notamment par l'essor de sa classe moyenne.

Il faut dire que cette classe moyenne a toujours fait rêver les entrepreneurs du monde entier. On ne sait pas si elle représente 300 ou 400 millions d'habitants, mais ce que l'on sait, c'est qu'elle équivaut à environ 4 ou 5 fois la population de l'Allemagne. Bref, autant de gens auxquels il est possible de vendre des voitures ou des biens d'équipements. Et pour L'Oréal, ce sont des produits de beauté.

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Nos faiblesses restent les forces des commerçants

Le patron de la filiale chinoise du géant des cosmétiques n'a donc pas peur d'un impact du ralentissement de la croissance chinoise sur son secteur, car il pense que cette classe moyenne a une soif terrible de mise en beauté. Si les autres dépenses peuvent baisser, il pense mordicus que le besoin en produits de beauté et soins du visage et de la peau ira en grandissant.

Mais le plus exceptionnel dans l'argumentation de ce patron, c'est de voir son optimisme se baser sur les selfies ! Eh oui, les selfies, ces photos que l'on prend de soi et que nos amis canadiens appellent des ego-photos ! En résumé, le patron de la filiale chinoise de L'Oréal estime que nos smartphones munis de caméras et d'appareils photo vont sauver son business, mieux encore le tirer vers le haut, car les Chinois, tout comme les Occidentaux, veulent prendre des photos d'eux-mêmes à leur avantage.

C'est la première fois que j'entends le patron d'une multinationale avouer qu'une partie de son business est basée sur l'ego des gens. Un peu comme le jour où le patron de TF1 avait indiqué que son vrai boulot n'était pas de produire des émissions, mais de vendre du temps de cerveau disponible aux annonceurs comme Coca-Cola. Bref, les temps changent, mais l'essence même du business, elle, n'a pas changé: nos faiblesses restent les forces des commerçants !

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