Comment les dures sanctions américaines contre l'Iran vont toucher les entreprises européennes

07/08/18 à 18:17 - Mise à jour à 18:23

Source: Afp

Le retrait américain de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien et l'entrée en vigueur mardi de dures sanctions économiques compromettent les activités des multinationales européennes en Iran. Tour d'horizon des principaux secteurs concernés.

Comment les dures sanctions américaines contre l'Iran vont toucher les entreprises européennes

Donald Trump © REUTERS

Automobile

Le rétablissement des sanctions américaines, qui avait été annoncé à la mi-mai, a déjà fait des dégâts dans l'industrie automobile.

Daimler, le numéro un mondial de la voiture haut de gamme et des camions, a jeté l'éponge mardi, disant "cesser jusqu'à nouvel ordre" ses activités, qu'il qualifie de "limitées", en Iran. Ce groupe allemand avait signé en 2016 des protocoles d'accord avec deux groupes iraniens pour produire et commercialiser des camions Mercedes-Benz.

Son compatriote Volkswagen pourrait bientôt l'imiter en raison de sa forte implantation aux Etats-Unis. En 2017, il avait annoncé son intention de recommencer à vendre des voitures en Iran, après 17 ans d'absence.

Les constructeurs français Renault et PSA, qui à eux deux vendent près de la moitié des voitures neuves immatriculées en Iran, ont quant à eux communiqué de façon très différente.

PSA a annoncé début juin qu'il préparait la suspension de ses activités sur ce qui est son principal marché étranger en volume, relativisant toutefois l'ampleur de son retrait, "moins de 1% de son chiffre d'affaires".

Renault a pour sa part assuré ne pas vouloir abandonner ses activités dans ce pays, quitte à "réduire la voilure très fortement". Le 16 juillet, il annonçait une baisse de 10,3% de ses ventes en Iran au premier semestre (61.354 unités).

Aéronautique

Les plus gros contrats signés après l'accord sur le nucléaire concernaient l'industrie aéronautique, l'Iran souhaitant moderniser une flotte aérienne vieillissante.

Des compagnies iraniennes avaient commandé 100 avions à Airbus. Seuls trois appareils ont été livrés à ce jour, tous munis de licences américaines, rendues nécessaires par l'utilisation de pièces fabriquées aux Etats-Unis. Mais la perte du marché iranien ne serait pas trop lourde pour l'avionneur européen qui a 7.168 avions sur son carnet de commandes au 30 juin.

Iran Air a reçu dimanche cinq nouveaux avions du constructeur français ATR, sur une commande totale de 20 appareils dont huit avaient déjà été livrés. Ils sont fabriqués en France, près de Toulouse, par cette coentreprise entre l'Européen Airbus et l'Italien Leonardo, mais 10% des pièces viennent des Etats-Unis.

Industrie pétrolière

Après l'accord de 2015, le groupe français Total s'était associé au Chinois CNPC pour investir cinq milliards de dollars dans l'exploitation du gisement gazier South Pars, dans le Golfe, un projet dont il va probablement se désengager. Total n'a pas investi plus de 100 millions de dollars dans cette opération, ce qui limitera ses pertes.

Le géant italien ENI, dont le contrat d'achat de deux millions de barils de pétrole chaque mois expire fin 2018, a préféré rester prudent et n'a pas signé de nouvel accord avec l'Iran.

-Industrie ferroviaire et navale -

L'industrie ferroviaire italienne pourrait pâtir des sanctions. Le groupe public Ferrovie dello Stato a en effet signé en juillet 2017 un accord pour la construction d'une ligne de train à grande vitesse entre Qom et Arak, dans le nord de l'Iran.

Plusieurs accords de coopération ont également été conclus en 2016 entre l'Iran et l'entreprise de construction navale Fincantieri.

L'Italie est en outre redevenue le premier partenaire commercial européen de l'Iran.

Tourisme

Les compagnies britannique British Airways et allemande Lufthansa, qui avaient repris des vols directs vers Téhéran, vont devoir arrêter en raison de l'importance de leurs vols transatlantiques.

Le Français AccorHotels, qui a ouvert deux hôtels à l'aéroport de Téhéran en 2015, pourrait être pénalisé.

L'Espagnol Melia Hotels International, qui a signé un accord en avril 2016 pour gérer un hôtel de luxe en Iran, le Gran Melia Ghoo, refuse de se prononcer sur "ces questions politiques".

Industrie

L'Allemand Siemens, qui s'était relancé en Iran en mars 2016, s'associant à l'Iranien Mapna dans les turbines à gaz et les générateurs pour centrales électriques, n'a pas encore pris de décision.

Le groupe de gaz industriel français Air Liquide a quant à lui "décidé de cesser toute activité commerciale" dans ce pays.

Selon l'organisation patronale Institute of Directors, certaines firmes britanniques ont des contrats en Iran dans les infrastructures, le solaire, l'ingénierie ou encore la santé.

Secteur pharmaceutique

Le Français Sanofi, présent en Iran depuis une douzaine d'années, y "continue" ses activités, a dit un de ses porte-parole.

- Secteur bancaire -

Des banques allemandes, telles que l'établissement régional Helaba et l'institut de Francfort DZ Bank, ont décidé de se retirer à la suite de l'annonce des sanctions par Donald Trump à la mi-mai.

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