Comité de rémunération = patron mieux payé

10/02/12 à 09:12 - Mise à jour à 09:12

Source: Trends-Tendances

C'est l'équation à laquelle est parvenu un thésard de la Vlerick School : les CEO oeuvrant pour une entreprise pourvue d'un comité de rémunération sont mieux rémunérés que les autres. Ce n'est toutefois pas le seul élément. Explications.

Comité de rémunération = patron mieux payé

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Les CEO travaillant pour une entreprise pourvue d'un comité de rémunération sont mieux rémunérés que leurs homologues travaillant au sein d'une entreprise dépourvue de comité, conclut une thèse de doctorat que Xavier Baeten (Vlerick Leuven Gent Management School) a récemment soutenue à l'Université de Gand et qui portait sur 298 entreprises belges, néerlandaises, françaises et allemandes cotées en Bourse.

La structure de l'actionnariat joue toutefois un rôle tout aussi important dans ce domaine : les CEO d'entreprises dont l'actionnariat est morcelé gagnent davantage que les CEO des entreprises caractérisées par actionnariat concentré.

Pourquoi le CEO d'une entreprise dotée d'un comité de rémunération est mieux payé

D'après Xavier Baeten, le constat selon lequel l'existence d'un comité de rémunération va de pair avec des niveaux de rémunération plus élevés découle du fait que ces comités accordent davantage d'attention aux comparaisons de marché. "Ces comparaisons provoquent un effet ascendant, estime-t-il. Rien n'empêche alors de se poser des questions sur le sens d'une loi imposant la présence d'un comité de rémunération dans les entreprises cotées en Bourse, comme c'est le cas en Belgique depuis peu."

Il semblerait également qu'il n'existe aucun lien entre la rémunération et une diversité accrue au sein de ces comités de rémunération (présence renforcée des femmes, représentation plus équilibrée des tranches d'âge, nombre élevé de nationalités, etc.). Sans oublier la question de l'intérêt d'instaurer des quotas.

D'après Xavier Baeten, il faut avant tout veiller à limiter le nombre de grands patrons (anciens ou présents) d'autres entreprises au sein de ces comités : "Il semble qu'un CEO ait davantage de pouvoir sur les membres du comité, ce qui risque de favoriser les processus d'influence. Aux Pays-Bas, les comités ne peuvent d'ailleurs pas compter plus d'un manager employé par une autre entreprise."

Rémunération des patrons : les 5 autres enseignements-clés de la thèse

1. Actionnariat. Il existe d'énormes différences dans les structures de l'actionnariat en Europe. Par comparaison avec les entreprises allemandes (17 %) et néerlandaises (11 %), le principal actionnaire des firmes belges (38 %) et françaises (34 %) détient une plus grande part des actions.

2. Investisseurs institutionnels. Ils jouent un rôle de premier plan aux Pays-Bas (ils possèdent 57 % des actions) et en Allemagne (50 %). Leur rôle est nettement moins prépondérant en Belgique (16 %). La France se situe entre les deux (39 %). Pourtant, ces investisseurs institutionnels n'exercent aucun effet notable sur la politique de rémunération.

3. Salaire moyen. Le CEO moyen des 298 entreprises cotées analysées par ce doctorat gagne 1.115.875 euros. Le salaire variable constitue un peu plus de la moitié (56 %) de son package salarial.

4. Comité de rémunération. 73 % des entreprises cotées en Bourse ont mis en place un comité de rémunération.

5. Diversité. On constate enfin qu'au sein de ces comités, la diversité reste limitée : l'âge moyen de ses membres s'élève à 61 ans et la répartition est limitée. En outre, seules 19 % des entreprises comptent au moins une femme dans leur comité de rémunération. Le nombre de nationalités est tout aussi réduit. Par ailleurs, près de la moitié des membres de ces comités exercent ou ont exercé une fonction de grand patron dans une autre entreprise.

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