Clubs à vendre : au tour du Standard ?

19/04/11 à 13:45 - Mise à jour à 13:45

Source: Trends-Tendances

Le grand marché du football ne concerne pas que les joueurs. Si les championnats de football se dirigent vers leurs apothéoses, dans les coulisses, les transactions pour racheter des clubs s'accélèrent.

Clubs à vendre : au tour du Standard ?

© Belga

Club de foot à vendre cherche repreneur. L'air est connu vu le nombre de clubs qui ont changé de mains ces dernières années. Outre-Manche, le club d'Arsenal vient de succomber aux sirènes du milliardaire Stan Kroenke, valorisant l'équipe des Gunners à 1,2 milliard de dollars (827 millions d'euros) hors dette. Un changement de propriétaire qui donne des idées à un autre club londonien : les Queens Park Rangers. Aux mains d'un trio d'actionnaires composé de Bernie Ecclestone, Flavio Briatore et Lakshmi Mittal, le club se cherche un repreneur. Cette fièvre vendeuse touche aussi la France puisque le fonds d'investissements américain Colony Capital vient de mettre en vitrine le club parisien PSG, dont il est le propriétaire. Plus au sud, l'OGC Nice négocierait avec des investisseurs qataris...

Cette valse des propriétaires pourrait-elle faire danser des clubs belges ? "Je prendrai ma décision en fin de saison, vers mai-juin, puis j'en parlerai avec l'actionnariat majoritaire", confesse Lucien D'Onofrio, patron du Standard de Liège - il ne sait pas encore s'il quittera ou se renforcera dans le club. Rappelons que la Financière du Standard détient 89 % des parts du club, le solde étant détenu par une société batave dirigée par Lucien D'Onofrio. Trois personnes se partagent les actions de ce holding : les héritiers de Robert Louis-Dreyfus (RLD) représentés par un avocat suisse, le président Reto Stiffler et Lucien D'Onofrio (18%). Depuis le décès de son mari, sa veuve Margarita n'a plus la même vision des choses puisque sa réflexion semble l'amener à vendre le club.

Le Standard en vente, mais à qui ?

L'éventualité d'une vente du Standard avait déjà été évoquée en août 2006. A l'époque, les actionnaires demandaient 20 millions d'euros, mais l'opération ne s'est jamais concrétisée. Cette fois, Lucien D'Onofrio ne pourrait pas s'opposer à la vente mais il pourrait aussi bien racheter les parts de la veuve de RLD.

Comment ? En s'alliant avec des entreprises wallonnes. Mais pas uniquement. La semaine dernière, le patron du Standard de Liège s'est rendu au Qatar. Etait-ce pour transférer Yusef Ahmed Ali, un attaquant qatari de 22 ans qui intéresse beaucoup le Standard, ou s'agissait-il de proposer un partenariat capitalistique avec des fonds locaux liés directement à la famille royale du Qatar ? Le mystère demeure.

Ce qui paraît sûr, c'est que l'arrivée d'un nouvel actionnaire majoritaire sifflera la fin de la partie pour Lucien D'Onofrio, qui ne souhaite pas s'accommoder d'un "second rôle".

Restera alors à définir la valeur du club liégeois et ainsi les parts de Margarita Louis-Dreyfus. Si la valorisation d'un club repose en grande partie sur des actifs intangibles, on peut néanmoins jauger sa santé financière par le bénéfice d'exploitation. Plus approprié que le résultat net, l'Ebit exclut en effet les bénéfices ou les pertes découlant de la vente de joueurs et d'autres actifs. Et les derniers comptes du Standard, clôturés en novembre 2010, dévoilent que le matricule 16 a dégagé un bénéfice d'exploitation de 10,2 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 44,5 millions.

Quant à l'ensemble de ses actifs, ils sont estimés à plus de 60 millions d'euros pour des dettes de 26 millions d'euros. Des résultats à l'avenant qui ont permis au club de la principauté de reverser, comme l'an dernier, un dividende non plus de 4 millions d'euros aux actionnaires mais de 2 millions d'euros cette fois.

Valéry Halloy

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