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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

05/01/16 à 16:09 - Mise à jour à 16:09

'Ces bonnes nouvelles occultées par l'actu et son flot d'atrocités'

L'année démarre à nouveau avec des meurtres, des guerres et des krachs boursiers. Ces informations ne peuvent être occultées, mais à force de les voir tourner en boucle, notamment via les médias d'info en continu, on a l'impression - fausse - que le monde est à feu et à sang.

'Ces bonnes nouvelles occultées par l'actu et son flot d'atrocités'

Image d'illustration. © Reuters

Pourtant, il y a aussi des évolutions positives qui vont améliorer le quotidien de nos semblables et dont on ne parle pas ou peu - faute de place ou parce que ces informations sont moins vendeuses.

Les victimes du diabète peuvent par exemple se réjouir de l'année 2016. Non pas qu'un traitement miracle a été trouvé, malheureusement. D'ailleurs, on ne guérit pas le diabète, mais on le soigne, via une large palette de traitements dont certains forment une bonne partie des revenus des grands laboratoires pharmaceutiques. C'est même la 3e source de revenus de ces grands labos, derrière les traitements du cancer et les maladies infectieuses. Et comme il y a aujourd'hui 415 millions de personnes diabétique, le marché restera juteux encore longtemps.

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Ces bonnes nouvelles occultées par l'actu et son flot d'atrocités

Non, si je dis que 2016 est une bonne année pour les personnes diabétiques, c'est parce que la compétition entre ces grands laboratoires pour truster ce marché lucratif pousse les prix vers le bas. C'est le cas, par exemple, du laboratoire Novo Nordisck qui vient récemment de réduire ses tarifs de 15% pour imposer son traitement Levemir face au Lantus de Sanofi. Il faut préciser que ce dernier médicament vedette représente à lui seul 20 % du chiffre d'affaires de Sanofi ! Sanofi est par conséquent entraîné à suivre cette guerre des prix, d'autant plus que le brevet de ce médicament phare est tombé dans le domaine public !

Bien entendu, cette spirale de baisse des prix fait l'affaire des patients, mais aussi des organismes de sécurité sociale, sans oublier les compagnies d'assurance. Il faut dire que le diabète, comme l'écrivaient justement mes confrères du Figaro, "n'est plus une maladie, mais une... épidémie". Je le disais plus haut, nous avons hélas déjà 415 millions de diabétiques, mais ce chiffre va grimper à 640 millions en 2040. Il faut donc éviter que les budgets sociaux n'explosent en plein vol.

Et cette petite guerre des prix n'est pas la seule bonne nouvelle pour les personnes qui souffrent de ce mal. L'alliance entre le laboratoire Novartis et un géant de l'Internet comme Google est également chargée de promesses. Ces deux géants ont lancé ensemble la lentille de contact "intelligente" qui permettra de mesurer en continu la glycémie des diabétiques. Comme le faisait remarquer une spécialiste médicale, nous sommes en train de passer de la période "voici mon médicament", à la période "voici la façon de le prendre". Avec les outils de l'e-santé, on peut même démontrer le taux de succès d'un produit. On peut aussi vérifier que le médicament a bien été pris.

En réalité, ce qui se dessine pour demain, ce n'est pas que Google souhaite gérer des hôpitaux, mais il va s'insérer dans la chaîne, juste entre le patient toujours avide d'infos en temps réel et le système de soins. Google pourrait devenir une sorte de Booking.com, une plate-forme santé qui conseille et oriente, exactement comme Booking.com le fait pour l'hôtellerie. Mais hélas, tous ces mouvements, tous ces changements profonds, durables sont inaudibles en raison d'une actualité qui déverse quotidiennement son flot d'atrocités.

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