Ces 8,7 milliards que les entreprises belges ne récupéreront jamais...

10/05/10 à 12:55 - Mise à jour à 12:55

Source: Trends-Tendances

Les créances irrécouvrables atteignent 8,7 milliards d'euros en Belgique, contre 300 milliards au niveau européen, chiffre une enquête d'Intrum Justitia. Principales victimes de ces impayés qui ne seront jamais remboursés : les PME, qui se sentent largement coincées entre clients et fournisseurs et aboutissent dès lors à des problèmes de liquidité.

Ces 8,7 milliards que les entreprises belges ne récupéreront jamais...

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Chiffres-clés pour l'Europe

- En Europe, le nombre total de factures restées impayées et passées conséquemment en pertes et profits a augmenté de 2,4 % à 2,6 %. Soit un montant record de 300 milliards d'euros, que les entreprises européennes doivent considérer comme perdu.

- 53 % des entreprises tablent sur une stabilisation des risques de défaut de paiement au cours des 12 prochains mois, tandis que 10 % prévoient une amélioration.

- A peine 52 % de toutes les factures sont payées en temps voulu.

Chiffres-clés pour la Belgique

- 2,5 % de toutes les factures en Belgique ne sont jamais payées. Le coût de ces créances irrécouvrables a atteint 8,7 milliards d'euros au cours des 12 derniers mois.

- Trois quarts des entreprises affirment perdre de l'argent en raison de paiements tardifs, contre deux tiers l'année dernière. Le nombre total d'entreprises qui font face à des problèmes de liquidité a augmenté de 40 % à 50 %.

- 30 % des PME belges signalent des problèmes provoqués par la tiédeur des banques pour accorder des crédits.

- 50 % des entrepreneurs belges attendent jusqu'à 100 jours avant de chercher de l'aide pour obtenir leur paiement.

En Europe, le montant des créances irrécouvrables atteint 300 milliards d'euros par an, un montant équivalant à la dette publique grecque, souligne Intrum Justitia à l'occasion de l'enquête annuelle European Payment Index 2010 qu'elle vient de publier. En Belgique, une attention soutenue du credit management en raison de la crise limite quelque peu les dégâts, avance-t-elle encore.

L'enquête European Payment Index d'Intrum Justitia, qui s'affiche comme le leader du marché dans le secteur des credit management services, est consacrée aux délais de paiement et à la confiance des entrepreneurs, et menée après de plus de 6.000 entreprises en Europe. Son édition 2010 montre que "le nombre de factures qui, en Europe, finissent non payées a atteint la somme de 300 milliards d'euros, l'équivalent du déficit budgétaire grec, peut-on lire dans un communiqué. Pour la Belgique, le montant des créances irrécouvrables est de 8,7 milliards d'euros. Cette somme doit être considérée pour les entreprises concernées comme irrécupérable et donc perdue."

En Europe, à peine 52 % des factures sont réglées en temps voulu, chiffre encore Intrum Justitia. Si, en Europe du Nord, la crise se traduit par une augmentation assez importante des factures impayées, la région demeure un modèle de paiement pour le reste de l'Union européenne en dépit de cette tendance.

En Belgique, une attention accrue - et l'externalisation - au credit management "se traduit par un statu quo, ce qui peut être interprété comme une bonne nouvelle en période de ralentissement économique". Toutefois, nuance Intrum Justitia, "l'amélioration du rythme de paiement moyen et du risque lié à celui-ci constitue toujours un défi majeur. La réglementation dans le nord de l'Europe est liée à un bon comportement de paiement et constitue une belle opportunité pour les décideurs politiques belges. Comme dans le paysage européen, les autorités restent à la traîne pour ce qui concerne les comportements de paiement."

Plus précisément, "en dépit d'améliorations locales et régionales, la simplification des procédures administratives de paiement par les pouvoirs publics reste un défi majeur pour atteindre une amélioration globale et structurelle".

Les entreprises belges aspirent à une meilleure réglementation et à un assouplissement des procédures de crédit

Principales victimes de ces créances irrécouvrables : les PME, qui se sentent largement coincées entre clients et fournisseurs et aboutissent dès lors à des problèmes de liquidité. "Dans ce cas, elles ne pourront pas compter sur les banques non plus : 30 % d'entre elles affirment avoir des difficultés pour obtenir de nouveaux crédits ou une extension de crédits existants, avance encore Intrum Justitia. Et en dépit de cette situation, 50 % des entreprises belges attendent jusqu'à 100 jours au-delà du délai de paiement prévu pour faire appel à l'aide de professionnels."

Bref, conclut Guy Colpaert, managing director d'Intrum Justitia Belgique, "les résultats de notre étude confirment l'urgence d'une meilleure réglementation qui se traduira par un changement structurel des comportements de paiement. Il y a aussi un net besoin d'oxygène pour les entreprises sous la forme de disponibilité de crédits accessibles. Les pouvoirs publics ont ici un rôle important à jouer en simplifiant leurs procédures administratives de paiement et en réduisant ainsi leurs propres délais de paiement. Aux pouvoirs publics de montrer l'exemple en ce qui concerne les comportements de paiement. Il leur reste encore pas mal de chemin à accomplir."

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