Caterpillar: un drame social pour une région au taux de chômage déjà élevé

05/09/16 à 10:59 - Mise à jour à 12:03

Source: Trends-Tendances

La fermeture de l'usine Caterpillar annoncée vendredi à Charleroi est un coup dur pour la région qui affiche déjà un taux élevé de chômage de plus de 13%. 2200 emplois seront supprimés, la fermeture touchera aussi les sous-traitants, au nombre de 6000 tout comme les commerces proches de l'usine.

Caterpillar: un drame social pour une région au taux de chômage déjà élevé

© BELGA

Ce vendredi 2 septembre, est un jour noir pour la région de Charleroi, avec la fermeture de Caterpillar, similaire à celle, aussi dramatique de Renault Vilvoorde ou Ford Genk. C'est toute la chaîne de production qui est touchée, soit 2200 employés à Gosselies auxquels il faut ajouter les nombreux sous-traitants.

Une série de petites entreprises dépendent en effet uniquement ou très largement de Caterpillar. C'est le cas de Cediwall, qui produit des pièces détachées pour bulldozers et excavatrices et qui avait déjà dû, l'an dernier, se défaire de près d'une soixantaine d'emplois, ou de Carwall, fabricant de cabines pour les engins de génie civil.

Pour le responsable syndical, on peut estimer que dans la seule région de Charleroi, ces sous-traitants représentent environ 2.000 emplois. Par ailleurs, d'autres PME dépendant de Caterpillar sont situées dans le Namurois, en Flandre et même en France, explique-t-il, ce qui conduit à un total de 6.000 emplois environ.

Thierry Castagne, directeur général d'Agoria Wallonie déclare dans De Morgen: "C'est surtout la province du Hainaut qui est touchée. Caterpillar est l'un des plus gros employeurs. A côté des emplois directs, la facture sociale sera aussi salée chez les sous-traitants. "

Sur les 120 entreprises sous-traitantes de Caterpillar, 80 sont implantées dans la province qui doit déjà faire face à un taux de chômage de l'ordre de 13,4 %. " Une décision brutale et un drame social", a déclaré Charles Michel rejoint par le ministre-président wallon socialiste Paul Magnette. Cathy Verhaeghen, déléguée principale Setca, a expliqué que l'usine fonctionnera jusqu'en avril 2017. "C'est ce qu'ils espèrent, mais ce ne sera pas facile. Il va y avoir de la colère, difficile à gérer, pendant que nous allons négocier pour tenter d'obtenir les meilleures conditions possible pour ceux qui devront partir."

Des emplois menacés dans les commerces proches de l'usine

Les commerçants implantés aux alentours du site de Gosselies - magasins, sandwicheries et bistros - s'inquiètent également de sa fermeture et de son impact sur leur taux de fréquentation. C'est notamment le cas à City Nord.

Selon un commerçant interviewé par L'Avenir, au moins une personne risque le chômage, dans chaque établissement du coin. "Cela va engendrer des difficultés. Chez nous, par exemple, on bosse beaucoup avec des gens de Caterpillar : nous avons entre 10 et 15 % de nos clients qui viennent directement de là-bas, à leur sortie du boulot", explique-t-il. Les commerces avaient déjà ressenti une baisse de leurs ventes lors de la première restructuration, il y a deux ans.

Herman Daems, professeur émérite d'économie à la KUL, plaide dans De Morgen pour une prise en charge "réaliste" des travailleurs touchés par les licenciements. " Sur le court terme, nous devons tout d'abord penser aux employés. Pas seulement pour la négociation de leurs indemnités de licenciement, mais aussi pour leur accompagnement dans la transition vers un nouveau travail. En parallèle, un plan de développement stratégique pour la région doit faire partie des négociations : un nouveau plan industriel, avec de nouvelles entreprises émanant d'autres secteurs. De nouvelles industries via de plus petits acteurs devraient palier cette vulnérabilité. "

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