Caterpillar investit massivement à Gosselies

23/06/11 à 11:13 - Mise à jour à 11:13

Source: Trends-Tendances

La maison-mère américaine a approuvé un plan d'investissement de 150 millions d'euros pour moderniser son site de production de Gosselies. L'avenir du premier industriel wallon est pérennisé pour une décennie.

Caterpillar investit massivement à Gosselies

Le défi que devait relever Nicolas Polutnik, le nouvel administrateur délégué de Caterpillar Gosselies, était connu depuis son entrée en fonction à l'automne dernier : emporter la conviction de l'état-major américain du groupe d'engins de génie civil d'investir massivement dans son site de production wallon. "La clé de notre survie, c'est la performance. Et la clé de la performance, ce sont les investissements", résumait-il à l'époque, évoquant un "tournant historique" pour cette usine inaugurée dans les années 1960.

Force est de constater que l'homme, qui a effectué toute sa carrière au sein du groupe américain, a su faire preuve de persuasion. Nous avons en effet obtenu confirmation de bonnes sources que le premier industriel wallon, qui emploie près de 4.500 personnes, va bénéficier d'un plan d'investissement massif de l'ordre de 150 millions d'euros étalé jusqu'en 2015.

Les objectifs ? Rénover de fond en comble deux des trois lignes d'assemblage dédiées aux excavatrices et aux chargeurs sur pneus, pour un montant global de 60 millions d'euros, et moderniser divers ateliers en nouvelles machines-outils et autres robots de soudure notamment, pour un montant global de 80 millions d'euros. Reste, enfin, une dizaine de millions qui seront répartis dans des travaux d'infrastructure sur ce site qui occupe une superficie sous toit de 15 hectares.

Au bon moment

Le contexte dans lequel s'inscrit cette décision stratégique du groupe basé en Illinois n'est pas anodin. "Dans un monde où 75 % des chargeurs sur pneus sont destinés au marché chinois, il est essentiel que Caterpillar Gosselies attire ces investissements pour rivaliser avec les usines ultramodernes qui voient le jour dans les pays émergents et aux Etats-Unis", estimait Nicolas Polutnik en septembre dernier. "Nous pouvons faire valoir nos excellents résultats en matière de qualité, de service aux clients et de compétitivité."

Source mondiale du groupe pour les pelles hydrauliques de grande taille (jusqu'à 85 tonnes) dont la ligne de production avait déjà été rénovée, l'usine de Gosselies pourra grâce à ces investissements lorgner un nouveau marché en devenir : celui du renouvellement progressif du parc européen par des engins de nouvelle génération après l'entrée en vigueur de normes environnementales plus restrictives. De là à retrouver les volumes records de 2008 il y aura cependant une marge, même si l'entreprise a déjà réembauché ces derniers mois sous contrat à durée déterminée plusieurs centaines d'ouvriers qui avaient prioritairement fait les frais de l'effondrement de la production (-70 %) durant l'année 2009, en pleine crise...

Du côté syndical, on souligne que cet investissement n'aurait pas pu être acquis sans un accord de paix sociale signé avec la direction après un gros conflit au printemps 2010 et de dures négociations. En échange de cette garantie, les travailleurs avaient obtenu, entre autres, une revalorisation barémique destinée à récompenser leurs efforts pour acquérir de nouvelles compétences en vue de s'adapter à des technologies inédites et des modes de production plus flexibles.

Côté direction, on se refusait à tout commentaire avant de célébrer officiellement cet événement d'importance : un refus d'investir aurait sonné le glas de cette usine qui génère plusieurs milliers d'emplois indirects chez ses sous-traitants et aurait, dans la foulée, fragilisé davantage encore une "vieille Europe" que d'aucuns voyaient condamnée à une inéluctable désindustrialisation.

Benoît July

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