Carrefour : Mestdagh tient ses promesses

23/10/11 à 15:53 - Mise à jour à 15:53

Source: Trends-Tendances

Alors que la filiale belge du groupe français regagne enfin des parts de marché, Eric et John Mestdagh ont confirmé, aux Midis de Trends-Tendances, le redressement des ventes des 16 supermarchés qu'ils ont repris à Carrefour, voici un an.

Carrefour : Mestdagh tient ses promesses

© Belga

On retrouve petit à petit le sourire dans les magasins Carrefour et GB de Belgique. Aussi bien dans les supermarchés et hypermarchés exploités par le géant français que dans les 16 magasins GB repris par le distributeur carolo Mestdagh (67 enseignes Champion) depuis un an. Alors que le distributeur hexagonal annonçait hier à Paris des résultats décevants (lire en pages 12 et 13) mais confirmait le redres-sement de sa filiale belge, au bord du gouffre début 2010 (ses ventes ont crû de 2,6 % au cours du troisième trimestre pour dépasser le milliard d'euros), Eric et John Mestdagh, les "Managers de l'Année 2010" qui étaient invités aux Midis de Trends-Tendances, annonçaient des chiffres rassurants sur le redressement des ventes dans leurs nouveaux points de vente.

Le chaland revient

"Dans un contexte où la conjoncture est difficile, la concurrence forte et le chiffre d'affaires en stagnation, on observe des signes positifs, a indiqué John Mestdagh, administrateur délégué du groupe éponyme comme son frère Eric. Lorsque nous avons repris les 16 supermarchés GB à Carrefour, le niveau des ventes était en recul de 15 % par rapport à leur niveau historique. Depuis quatre semaines, nous avons rattrapé ce retard. Remonter de -15 à 0 % en un an est pour nous un chiffre très encourageant."

Deuxième point de satisfaction, aux yeux des "Managers de l'Année" : la récupération du nombre de clients. "En janvier, nous perdions 100.000 clients sur une base mensuelle avec un panier moyen de 25 euros, ce qui fait un manque à gagner de 2,5 millions d'euros par mois. En avril, nous n'en perdions plus que 70.000 et en août, ce chiffre avait été ramené à 40.000."

Et pourtant ces premiers résultats ont été engrangés sans grand changement pour le consommateur. "Nous n'avons pas mené de révolution. Nous avons même reporté les investissements ayant trait à la rénovation des magasins car le contrat de base n'y était pas rempli. C'est quoi la base du métier ? Un magasin propre, bien achalandé et accueillant", explique John Mestdagh.

La transformation des magasins démarre

A présent que ces conditions sont réunies, le passage des GB en Carrefour Market va démarrer. "D'ici la fin de l'année, nos magasins GB de Bouge et de Jette auront été transformés en Carrefour Market et les 10 autres GB suivront dans le courant du 1er semestre de 2012 (Ndlr : les quatre derniers arboraient déjà l'enseigne Carrefour Market lors de la reprise). Après quoi, on démarrera la transformation des Champion." La quasi-totalité du parc devrait être convertie pour la fin 2013.

Pour l'heure, la priorité des frères Mestdagh est la ren-tabilité de ces magasins, dont on rappellera que 11 étaient jugés non rentables par Carrefour. L'autre grand défi demeure social. "Pour nous différencier dans un paysage très concurrentiel, a détaillé Eric Mestdagh, nous jouons sur l'offre (boucherie, fromagerie à la découpe, produits frais, etc.) et sur l'accueil du personnel. Mais, pour ce faire, nous devons régler une équation difficile : comment motiver l'ancien personnel de Carrefour qui, en restant chez nous, a accepté une diminution de 20 % de son salaire, à nous aider à retrouver la confiance du client ?" Eric Mestdagh passe, d'ailleurs, toujours, dit-il, "trois jours par semaine" dans des réunions avec les organisations syndicales.

Malgré son nouvel appétit, le "Petit Poucet de la distribution" n'est toujours pas partisan du big is beautiful. "Etre petit nous permet d'être plus réactif et de prendre des décisions rapidement." Pour l'heure, il n'a pas d'autre projet d'expansion. "Si Carrefour est content de notre collaboration et décide de faire un nouveau pas à l'avenir, nous sommes ouverts", précisent toutefois les deux entrepreneurs.

Sandrine Vandendooren

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