"Brussels Airlines reste une compagnie belge"

07/02/18 à 09:55 - Mise à jour à 16:11

Source: Belga

Il n'y pas de projet de changer la marque Brussels Airlines à court terme et celle-ci subsistera dans l'immédiat, tout comme l'entreprise en tant qu''home carrier' pour la Belgique tant pour le moyen que le long courrier, a assuré mercredi Thorsten Dirks, le CEO d'Eurowings, après avoir rencontré les syndicats et les travailleurs de la compagnie aérienne belge.

"Brussels Airlines reste une compagnie belge"

Thorsten Dirks, le CEO d'Eurowings © Belga

Il n'y a en outre aucune raison de supprimer des vols depuis Bruxelles. Le patron allemand entend surtout faire croître davantage le business des deux compagnies.

La marque Brussels Airlines continuera à exister dans l'immédiat, en tous les cas pour les 12 prochains mois. A charge pour la direction de l'entreprise de se pencher sur la question dans les mois à venir.

"Il y a eu beaucoup de rumeurs ces derniers jours. Mais Brussels Airlines reste une compagnie belge. L'entreprise fait à présent partie de Eurowings Group et il est très important pour nous qu'elle rencontre le plein succès dans le futur. Nous voulons qu'elle bénéficie bien plus de notre collaboration", explique Thorsten Dirks.

Son entreprise est la compagnie rencontrant la croissance la plus rapide en Europe pour le moment, insiste-t-il, glissant que l'on devrait voir davantage d'avions Eurowings atterrir à Zaventem à l'avenir.

Le changement de direction à la tête de Brussels Airlines est donc finalement la principale nouveauté pour le moment. C'est une divergence de vues sur la vision d'avenir de la compagnie qui a mené à cette décision. "L'ancienne direction soutenait le stand alone pour le futur alors que nous estimons qu'il est plus bénéficiaire pour l'entreprise de faire partie d'un plus grand groupe. Il y avait une incompatibilité entre individus, c'est tout", soutient le CEO, qui souhaite à présent ouvrir un nouveau chapitre pour la compagnie.

L'Allemand veut ainsi continuer à connecter Bruxelles au reste du monde. Et cela se fera via Brussels Airlines, dit-il. L'ex-Sabena deviendra d'ailleurs un centre d'excellence pour le long courrier pour le groupe Eurowings, la filiale de Lufthansa n'effectuant pas (encore) de tels vols pour le moment. Les premières liaisons intercontinentales d'Eurowings devraient démarrer début avril depuis Düsseldorf.

La compagnie belge sera en outre un centre de compétences pour l'Afrique pour l'ensemble du groupe Lufthansa, qui veut se développer sur ce continent, a ajouté Thorsten Dirks.

"Il n'y a donc aucune raison de supprimer des liaisons au profit de l'Allemagne, ni pour le long ni pour le moyen courrier, et il n'y a pas de projet allant dans ce sens", clame-t-il. Les affaires se poursuivront comme d'habitude, de nouvelles destinations pourraient voir le jour et des fréquences être adaptées.

"Il faut optimiser les coûts"

Il y aurait pu y avoir davantage de vols depuis Bruxelles durant la prochaine saison d'été. Mais les limitations en termes de développement se justifient par le manque d'équipages et d'avions adéquats basés à Bruxelles, selon le CEO. La flotte de Brussels Airlines est en effet constituée de 10 appareils long courrier et de 40 autres pour les vols plus courts. Il faut aussi qu'une nouvelle destination se justifie commercialement et qu'elle soit profitable, confie-t-on chez Brussels Airlines.

D'ici là, Eurowings va se concentrer sur le lancement de ses activités long courrier depuis Düsseldorf, où il n'y a plus de liaisons intercontinentales depuis la faillite d'Air Berlin et où un trou doit dès lors être rempli rapidement avant que la concurrence n'en profite.

"Il faut optimiser les coûts. On ne parle pas de low cost mais bien du coût le plus bas possible. Il n'est pas question d'un Ryanair à la belge", promet Thorsten Dirks.

Dans ce cadre, il pourrait y avoir certains changements, principalement concernant le personnel au sol (support et administration), concède-t-il toutefois. Des fonctions pourraient ainsi être relocalisées sur un autre site. Le patron allemand ne peut dès lors pas donner de garanties pour l'emploi à ce stade.

Le personnel volant ne doit, lui, pas s'inquiéter, le groupe Eurowings cherchant 3.000 personnes et le groupe Lufthansa 8.000, souligne encore Thorsten Dirks.

Promettant d'apporter davantage de chiffres d'ici quelques semaines, il reviendra à Bruxelles le 12 mars afin de présenter un plan global sur la stratégie d'Eurowings et son impact plus concret pour Brussels Airlines.

"Tout cela reste encore assez vague"

Le patron d'Eurowings Thorsten Dirks a tenté de rassurer les travailleurs de Brussels Airlines ce matin lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire suivi d'une assemblée générale des travailleurs de la compagnie aérienne belge.

Si aucun changement n'est prévu en 2018, les syndicats se montrent malgré tout prudents et attentifs pour l'avenir, de nombreuses questions restant sans réponse, selon eux. Ils ne prévoient pas de mener d'actions dans l'immédiat.

Le modèle hybride restera de mise et la marque Brussels Airlines continuera d'exister à l'avenir, en tous les cas pour les vols long-courriers. En Europe par contre, il n'est pas impossible qu'elle disparaisse. Le CEO d'Eurowings a toutefois assuré au personnel qu'une 'touche belge' demeurerait au sein de l'entreprise et les évolutions n'apparaîtront que graduellement.

"La direction allemande souhaite développer les destinations et fréquences vers l'Afrique", selon Luc Martin, délégué CNE. "Mais aussi vers l'Amérique du Nord. Et il y a un projet de nouvelle destination en Inde dans les cartons. Tout cela reste cependant encore assez vague", constate-t-il.

"Le management s'est voulu rassurant aujourd'hui et a voulu faire passer un même message au personnel", explique le syndicaliste. "On nous a annoncé un statu quo pour le moment. Nous ne mènerons donc pas d'action dans l'immédiat. On ne va pas faire grève parce qu'on changerait de nom...", ajoute-t-il.

Le message envoyé va à double sens, analyse pour sa part Filip Lemberechts, de la CGSLB. "D'un côté, on nous dit que l'on voit l'avenir avec nous mais, de l'autre, on n'exclut pas certains changements. La direction dit croire en notre modèle de dialogue social mais, sur un plan commercial, elle entend poursuivre la croissance d'Eurowings."

Inquiétudes pour le personnel au sol

Les zones d'ombre restent importantes, déplorent ainsi les syndicats, qui s'inquiètent principalement pour le personnel au sol et les fonctions de support. Des synergies avec Eurowings vont être réalisées et cela pourrait nécessiter la suppression ou la délocalisation de certains postes faisant doublon à Bruxelles mais aussi à Cologne et Düsseldorf. Tout cela doit encore être étudié et analysé, selon les déclarations de Thorsten Dirks aux représentants des travailleurs.

Pour le personnel navigant en revanche, des recrutements sont en cours et il n'y a pas d'inquiétudes le concernant.

"En gros, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, mais il y a beaucoup d'incertitudes" résume Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. "Toutes les compagnies aériennes en Europe font d'importants bénéfices, sauf Brussels Airlines, nous a-t-on dit. Or, Eurowings veut que le business soit très rentable."

Les organisations syndicales se veulent dès lors prudentes et attentives. Elles attendent avec impatience le 12 mars, date à laquelle le patron d'Eurowings reviendra à Bruxelles avec un plan plus détaillé pour l'avenir des salariés de la compagnie belge.

Pas une copie belge de Ryanair

Thorsten Dirks a par ailleurs assuré aux travailleurs de Brussels Airlines que leur entreprise ne deviendrait pas à l'avenir une copie belge de Ryanair. Il a ainsi promis que Brussels Airlines jouerait un "rôle décisif" dans l'avenir d'Eurowings Group, à en croire les slides présentés au personnel lors d'une assemblée générale.

Brussels Airlines et la compagnie allemande formeront désormais Eurowings Group. L'entreprise belge constitue un "élément clé pour notre succès" en tant que groupe et y jouera "un rôle décisif" à l'avenir, ressort-il encore de la présentation au personnel.

Les produits proposés par les deux entités sont assez similaires pour le moment, avec "des produits de haute qualité pour chaque budget".

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