Brussels Airlines: Etienne Davignon s'explique

21/03/12 à 14:33 - Mise à jour à 14:33

Source: Trends-Tendances

"Nous avons attiré l'attention du gouvernement sur une situation particulière", qui voit les compagnies aériennes payer leurs cotisations et impôts dans le pays où elles ont leur siège et non dans le pays où elles sont actives, a expliqué mercredi à la presse le président du conseil d'administration de Brussels Airlines, Etienne Davignon.

Brussels Airlines: Etienne Davignon s'explique

© Reuters

"Je ne demande pas d'aide publique au gouvernement. Je ne demande pas à être dépanné. J'attire l'attention sur une situation étrange", a déclaré M. Davignon.

"Dans le secteur aérien, les compagnies paient leurs cotisations, leurs impôts, non pas là où elles ont leurs activités mais dans le lieu où elles sont installées, pour Ryanair en Irlande, pour d'autres compagnies en Inde ou en Suisse", a-t-il expliqué, estimant que "cela crée une distorsion de concurrence très importante" et demandant au gouvernement de "recréer des conditions de concurrence comparable" pour toutes les compagnies aériennes actives en Belgique.

Cette situation propre au secteur aérien est autorisée, à titre d'exception, par la Commission européenne jusqu'en 2020.

"Quant tout va bien, on peut vivre avec un handicap mais quand la situation devient plus délicate, notamment avec la hausse du kérosène, cela devient plus difficile", a encore dit M. Davignon, un ancien commissaire européen.

Le président de la compagnie belge a évoqué la situation "pénible" traversée par Brussels Airlines mais a nié que la compagnie aérienne puisse être au bord de la faillite. "Ce n'est pas une question de survie", a assuré M. Davignon, affirmant que les projets de la compagnie n'étaient pour l'heure pas remis en question.

Brussels Airlines a essuyé une perte de 80 millions d'euros en 2011. La guerre civile en Côte d'Ivoire, pays que la compagnie relie cinq fois par semaine, et une modification unilatérale par le Sénégal d'un accord aérien avec la Belgique ont coûté quelque 40 millions d'euros, tandis que 40 autres millions sont imputables à la hausse du prix du kérosène.

Un comité ministériel restreint s'est réuni mardi soir pour évaluer la situation de Brussels Airlines. Le gouvernement fédéral a décidé la mise en place d'un groupe de travail interministériel.

Avec Belga

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