bpost abandonne son ambition de reprendre PostNL

07/12/16 à 19:57 - Mise à jour à 20:35

Source: Belga

bpost a décidé de ne pas poursuivre son offre sur PostNL, indique-t-elle mercredi dans une première réaction après le rejet de la société postale néerlandaise de sa proposition de reprise. Elle continuera cependant "d'explorer d'autres opportunités de croissance", assure-t-elle dans un communiqué.

bpost abandonne son ambition de reprendre PostNL

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A la suite du refus de PostNL d'étudier sa "proposition finale et améliorée", "bpost a décidé de ne pas poursuivre une combinaison entre les deux entreprises". Elle se dit toutefois convaincue que celle-ci aurait présenté "une logique industrielle convaincante et constitué une opportunité pour accélérer la stratégie de croissance de bpost et de PostNL, avec une création de valeur importante pour toutes les parties prenantes".

"Lors de l'évaluation des opportunités de croissance par fusion et acquisition, nous utilisons scrupuleusement des critères stricts dans notre processus décisionnel. Nous arrivons maintenant à la conclusion qu'une combinaison des deux entreprises ne peut pas être réalisée selon les conditions qui correspondent à ces critères", poursuit l'entreprise postale belge.

bpost rappelle qu'elle continuera à explorer d'autres opportunités "afin de mettre notre bilan solide à contribution et d'accélérer notre croissance".

L'action de PostNL a chuté de 13,5% à la Bourse d'Amsterdam tandis que celle de bpost a connu un gain de 0,9% à Bruxelles.

Le CEO de PostNL en attribue l'échec à la société belge

La CEO de l'entreprise néerlandaise Herna Verhagen impute principalement l'échec de la reprise de son entreprise par bpost à cette dernière, selon ses déclarations aux journaux économiques De Tijd et Het Financieele Dagblad. "La manière dont bpost a mené ce processus a en fait seulement mené à de la résistance et non à un soutien", assène-t-elle.

La décision de PostNL de rejeter définitivement la "proposition finale et améliorée" de bpost est intervenue, selon la CEO, parce qu'"aucun des actionnaires ne s'est montré positif quant à une reprise".

La responsabilité de ce manque de soutien incombe principalement à la stratégie de bpost, d'après Herna Verhagen, qui s'en prend au caractère public de l'offre de reprise, à cause duquel l'entreprise belge en a fait un "processus public".

"bpost a consciemment choisi de rendre publique son offre le 6 novembre. Plusieurs interviews ont eu lieu dans les semaines suivantes, qui ont continué à alimenter le traumatisme né aux Pays-Bas. J'aurais tout de même entrepris les choses un peu différemment", explique la CEO.

Herna Verhagen a enfin réfuté l'affirmation selon laquelle la décision de PostNL a en grande partie été influencée par l'opposition politique néerlandaise. "Vous ne pouvez pas nier que le service postal a lieu sur un marché réglementé. Vous devez alors certainement prendre en compte l'autorité qui fixe les règles pour celui-ci. Mais finalement, notre refus dépend de très nombreux actionnaires et pas seulement du gouvernement", souligne-t-elle.

Dans une interview au Standaard, le président du conseil des commissaires de PostNL, Michiel Boersma, a, de son côté, nié que l'entreprise postale et le politique se soient arrangés ensemble pour rejeter la proposition de bpost.

Pour la CEO de PostNL, c'en est définitivement terminé des rêves de reprise de la société belge. "Un avenir en solitaire est meilleur pour l'entreprise, ses clients, ses collaborateurs et ses actionnaires", conclut-elle.

Le CEO de bpost impute, lui, la responsabilité de l'échec aux Néerlandais

Le CEO de bpost a estimé que la responsabilité de l'échec de la proposition de reprise de PostNL était imputable aux Néerlandais, prenant le contre-pied exact de la position de la direction de l'entreprise postale d'outre-Moerdijk. Celle-ci n'a pas voulu évoquer le contenu et l'ingérence du pouvoir politique néerlandais était invisible, grogne ainsi Koen Van Gerven.

Pour le dirigeant de bpost, la raison pour laquelle la tentative de reprise s'est soldée par un échec n'est pas claire. "Nous avons proposé à plusieurs reprises de retirer le débat de la place publique et de parler des vrais problèmes, loin des sentiments et du tapage", explique-t-il. "La place publique n'est pas le lieu où une telle transaction doit être discutée."

Si ce débat a été mené comme il l'a été, c'est dû, selon Koen Van Gerven, à une "regrettable fuite aux Pays-Bas". Il fait ici référence à un document de travail interne et confidentiel qui a abouti jusqu'au quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad. "Nous avons mis à la porte la société qui en est responsable."

Mais, poursuit le CEO, les tentatives de ramener les discussions à huis clos ont ensuite échoué. "Je ne peux me défaire de l'idée qu'ils avaient un intérêt à garder cela public", confie-t-il, ajoutant que PostNL et le politique ont joué un jeu permettant de ne pas s'intéresser au contenu de la proposition de bpost.

Koen Van Gerven fustige en effet l'attitude du pouvoir politique aux Pays-Bas. "Du côté belge, l'Etat s'est montré rationnel, tout comme chacun des autres actionnaires, et est resté en dehors du débat. Nous n'avons sur ce point aucune leçon à recevoir des Néerlandais. J'ai perçu, durant cette période, plus d'ingérence de leur part que durant toute ma carrière en Belgique."

Plusieurs actionnaires mécontents de PostNL envisageraient de demander une assemblée générale extraordinaire et d'ainsi forcer une reprise. "Un tel processus prend beaucoup de temps. Je ne sais pas ce qu'ils vont faire mais j'ai maintenant indiqué que je prenais mes distances et que je ne pouvais continuer à y investir de mon temps", répond le CEO de bpost, laissant à ces actionnaires le choix de poursuivre ou non leur démarche.

L'entreprise postale belge avait déjà exclu une offre de reprise hostile. Elle répète une nouvelle fois cette position. "Si une proposition amicale est déjà si difficile, cela n'a aucun sens. Les Pays-Bas ont mis en place des constructions de protection efficaces autour de leurs entreprises. Nous n'allons pas y consacrer notre temps."

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