Wolfgang Riepl
Opinion

26/01/17 à 14:16 - Mise à jour à 15:01

"Bonne chance aux Flamands qui veulent embaucher en Wallonie... Ils en auront besoin"

Les entrepreneurs de Flandre occidentale vont chercher des employés au sud du pays. Leur 'Tour de Wallonie' met le focus sur la province du Hainaut. Nous leur souhaitons beaucoup de chance... Ils en auront besoin.

"Bonne chance aux Flamands qui veulent embaucher en Wallonie... Ils en auront besoin"

Elio Di Rupo © Belga

Il y a plus de Wallons qui travaillent au Grand-Duché de Luxembourg qu'en Flandre. Il n'est pas logique que le sud de la Flandre occidentale connaisse quasi le plein emploi, alors que le Hainaut voisin reste, après la Région bruxelloise, la province avec le taux de chômage le plus élevé du pays. En décembre de l'an dernier, 94.000 personnes n'y avaient pas de travail.

Un problème de langue ? Pourquoi, dans ce cas, avons-nous significativement plus de Français qui travaillent en Flandre occidentale que de Hainuyers: 11.143 contre 5.660 (chiffres pour 2014) ? Même après la suppression du statut fiscal attrayant des travailleurs frontaliers, ces Français continuent à travailler dans le 'Texas de la Flandre'. Leur nombre est resté stable au cours de la dernière décennie, alors que le nombre d'Hennuyers a diminué d'un pic de 6.797 en 2008, à 5.660 en 2014.

Le chômage diminue certes dans la province, mais ces 94.000 chercheurs d'emplois ne peuvent-ils pas être stimulés à rechercher un emploi en Flandre-Occidentale ? Hélas, le Parti Socialiste y est incontournable depuis 1896 (!). Pourquoi ce parti encouragerait-il ses électeurs à rechercher un emploi de l'autre côté de la frontière linguistique, tant que les 'flux de solidarité' flamands continuent à arriver ?

Car les chômeurs font aussi une analyse rationnelle coûts-bénéfices. Avec un emploi en tant qu'opérateur dans une entreprise de production en Flandre occidentale, un Hennuyer ne se porte pas nécessairement mieux, après la soustraction des frais de déplacement et de l'éventuelle garde des enfants.

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La concurrence fiscale entre les Régions est un tabou fondamental pour la gauche wallonne

Une politique de l'emploi flexible pourrait remédier à ce fléau. Avec des stimuli spécifiques au niveau du Hainaut, de telle sorte que la différence entre les salaires nets et les allocations grandisse significativement. Mais c'est calculer sans le PS. La concurrence fiscale entre les Régions est un tabou fondamental pour la gauche wallonne.

Nous souhaitons donc bonne chance au Voka de Flandre occidentale et à ses entrepreneurs. Dans un premier temps, ils vont rendre visite aux bourgmestres de Tournai, Mouscron et Mons, donc chez le président du PS Elio Di Rupo. Les Flamands occidentaux n'ont pas encore reçu de réponse, mais ils supposent qu'ils sont les bienvenus. Ils le peuvent bien, en échange des généreux flux de solidarité du sud de la Flandre occidentale vers la province rouge voisine.

Cela est-il susceptible de finalement progresser ? Le Forem, le service public wallon de l'emploi, souscrit à l'initiative avec enthousiasme. Un beau signal, car dans la Région de Bruxelles-Capitale, le chômage des jeunes diminue. Notamment parce qu'Actiris, l'office régional bruxellois de l'emploi, a agi main dans la main avec le VDAB, l'agence régionale flamande pour l'emploi, pour les centaines de postes vacants à l'aéroport de Zaventem.

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