Bien s'entourer pour mieux décoller

18/10/13 à 15:07 - Mise à jour à 15:07

Source: Trends-Tendances

Parce que les premières années d'existence d'une entreprise peuvent être un cap difficile à franchir, le nouveau programme Scale-Up propose aux entrepreneurs de les accompagner durant la mise en oeuvre de leur plan de croissance.

Bien s'entourer pour mieux décoller

© Thinkstock

Qui a dit que la création était la phase la plus délicate dans la vie d'une société ? Si les balbutiements entrepreneuriaux ne sont pas de tout repos, les premières années d'existence ressemblent également à un parcours du combattant. Beaucoup de PME ne survivent d'ailleurs pas aux caps fatidiques des trois ans, puis des cinq ans. S'il existe nombre d'aides au lancement, rares sont par contre les coups de pouce à la croissance.

Partant de ce constat, Solvay Entrepreneurs (entité de la Solvay Brussels School) et Cap Innove (couveuse d'entreprises) ont mis en place un programme d'accompagnement pour les structures sur le point de prendre leur envol. "Celles qui ont dépassé le stade de la création et qui s'approchent de la croissance, avec déjà des clients, des produits, du chiffre d'affaires...", détaille Laurent Bouty, coordinateur de l'initiative baptisée Scale-Up.

Ce master pour dirigeants se déploie sur quatre axes. Tout d'abord l'identification des problématiques internes et l'intervention de coaches spécialisés pour y apporter des solutions adaptées. Une formation, ensuite, pour le patron et un membre de son équipe de management. Troisième pan : la mise à disposition à temps plein durant six mois d'un jeune diplômé bénévole chargé de travailler sur le plan de croissance. Puis, enfin, l'organisation de journées de rencontre avec d'autres dirigeants dans la même situation afin d'échanger leurs expériences, mais aussi de team building avec les collaborateurs.

"Une société qui n'est pas accompagnée a moins de chance de réussir", avance Laurent Bouty en citant des statistiques américaines : "Celles qui ne sont pas suivies par un incubateur ou une université ont 20 % de risques supplémentaires d'être confrontées à la faillite."

Satisfait ou non déboursé Ce programme n'est évidemment pas gratuit : l'entrepreneur devra débourser 12.000 euros pour l'année (soit un total de 18 journées de formation et de 13 rencontres), sans oublier une partie variable de 6.000 euros laissée à l'appréciation du patron. Car Scale-Up s'engage à faire augmenter la marge brute de l'entreprise de 50 % durant les trois années suivantes. Les "élèves" insatisfaits des résultats peuvent ne pas s'acquitter de cette dernière tranche.

Des montants qui restent élevés, pour le portefeuille d'une PME. "C'est peu par rapport aux consultants privés, assure le coordinateur. Mais il est vrai que cela peut constituer une barrière psychologique." Frein financier, mais aussi organisationnel : pas simple de se libérer des journées lorsque l'on a le nez dans le guidon la plupart du temps. "Si la croissance est importante aux yeux du dirigeant, il devra faire des sacrifices, juge Laurent Bouty. Laisser tomber une activité, un client ou ses week-ends pour s'y consacrer."

La rentrée des classes est prévue à la mi-novembre pour les entrepreneurs. Les cours dureront jusqu'en octobre 2014. Les places sur les bancs de Scale-Up sont toutefois limitées : seules cinq entreprises pourront être inscrites. Au moment de rédiger ces lignes, trois tickets d'entrée étaient encore disponibles. Les éventuels retardataires devront attendre jusqu'à l'année prochaine, car les initiateurs du programme comptent bien remettre le couvert et, si possible, agrandir les classes à l'avenir.

MÉLANIE GEELKENS www.scale-up.solvayentrepreneurs.be

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