Bekaert provoque un véritable "trauma social"

02/02/12 à 09:00 - Mise à jour à 09:00

Source: Trends-Tendances

Bekaert supprime près du quart de ses effectifs en Belgique, provoquant un véritable traumatisme social... et dévissant aussitôt en Bourse. La ministre de l'Emploi réclame le démarrage d'une phase d'information "dans les plus brefs délais" et dénonce la "violence inouïe" de cette décision.

Bekaert provoque un véritable "trauma social"

© belga

Bekaert, spécialisée dans la transformation des métaux, compte adapter ses activités en Belgique. 600 emplois sont menacés, soit 23 % des effectifs, indiquait jeudi matin Jan Maeseele du syndicat ACV Metea (CSC). Le point noir de cette restructuration se trouve à Aalter. Selon la CSC, 387 emplois sur 490 seront supprimés.

Bekaert explique cette restructuration comme une réponse "aux changements rapides mais structurels sur le marché mondial de l'énergie solaire, à une incertitude croissante dans d'autres marchés et à une instabilité globale à long terme". Bekaert avait déjà annoncé 1.250 suppressions d'emploi en Chine.

En Belgique, certaines activités à Aalter, Zwevegem, Deerlijk et Ingelmunster seront réduites. Les activités "fil à scier" seront complètement arrêtées à Aalter. Les activités de production du "fil talon" et des produits semi-finis seraient progressivement intégrées dans d'autres entités du groupe qui a l'intention de garder la plate-forme des produits finaux advanced cords à Aalter.

Bekaert a également l'intention d'ajuster ses ressources et ses priorités de développement dans son centre de technologie à Deerlijk et son usine d'ingénierie à Ingelmunster. Enfin à Zwevegem, Bekaert veut limiter les activités de production de la plateforme inox belge à des produits de haute valeur ajoutée et des produits pour son unité de production fiber technologies.

Bekaert : l'action dans le rouge

L'action de Bekaert s'orientait dans le rouge jeudi à la bourse de Bruxelles après l'annonce de 600 suppressions d'emploi. Bekaert avait terminé avec une hausse de 7,01 % mercredi. Jeudi matin vers 11 h, l'action avait toutefois perdu 10 %.

Bekaert : l'effondrement du marché mondial de l'énergie solaire est du "jamais vu" (CEO)

La vitesse et l'ampleur avec lesquelles le marché mondial de l'énergie solaire s'est effondré ces derniers mois est du "jamais vu" et nécessite une réponse rapide, a expliqué Bert De Graeve, administrateur délégué du groupe Bekaert, au cours d'une conférence de presse. Le groupe belge spécialisé dans les produits tréfilés est actif sur ce marché via ses activités de "fil à scier".

"Nous existons depuis 130 ans, mais nous n'avons jamais vu un marché, globalement, disparaître de cette façon", a déclaré Bert De Graeve, évoquant une stagnation du marché de l'énergie solaire en raison de la diminution des incitants fiscaux en Europe, combinée à une énorme surcapacité entraînant une chute des prix depuis quelques mois.

Le CEO de Bekaert a également souligné que les suppressions d'emploi annoncées en Belgique sont une réponse aux évolutions du marché mondial et ne sont pas liées à la compétitivité des usines belges du groupe. Bekaert emploie 2.789 personnes en Belgique, sur un total de 26.000 au niveau mondial. L'intention de licenciements en Belgique représente 22 % du personnel et implique le déclenchement de la procédure de licenciement collectif. Avec plus de 300 pertes d'emploi, le site d'Aalter est le plus touché.

"Nous allons tenter, dans la tradition de Bekaert, de trouver les meilleures solutions pour les personnes concernées, en concertation avec les représentants des travailleurs", a assuré Bert De Graeve.

Bekaert : la ministre De Coninck veut voir débuter la phase d'information "dans les plus brefs délais"

Monica De Coninck, ministre fédérale de l'Emploi, insiste pour que la phase d'information et de consultation prévue dans le cadre de la procédure en licenciement collectif soit entamée "dans les plus brefs délais" chez Bekaert La ministre, qui évoque dans un communiqué la "violence inouïe" que confère à cette annonce l'ampleur de ces licenciements, invite la direction de Bekaert à jouer un rôle actif dans cette phase de consultation et information "en vue de favoriser la prise en compte de toute solution susceptible de diminuer la portée du plan de licenciement".

Monica De Coninck souligne que la décision de Bekaert est due au contexte économique mondial et ne remet donc aucunement en cause la qualité des travailleurs de l'entreprise. La ministre fédérale de l'Emploi annonce qu'elle veillera, le moment venu, à oeuvrer avec le gouvernement flamand au reclassement le plus rapide d'un maximum de travailleurs licenciés.

"Ces personnes disposent d'une expertise dans leur domaine de compétence qui devrait être mise à profit par d'autres entreprises installées dans notre pays", estime la ministre, tout en faisant part de "son soutien le plus total" aux travailleurs de Bekaert.

De son côté, Bart Van Malderen, député SP.a au Parlement flamand, a rappelé que Bekaert avait bénéficié, ces cinq dernières années, de 16 millions d'euros de soutien à l'innovation. "Pour quel résultat ?", s'interroge le député flamand, qui demande notamment au gouvernement flamand d'examiner s'il est possible de récupérer ces subsides.

Trends.be avec Belga

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