Astreinte imposée à un cheminot: la CGSP-Cheminots "n'en restera pas là"

21/01/16 à 18:27 - Mise à jour à 18:27

Source: Belga

(Belga) L'astreinte de 1.686,89 euros imposée à un cheminot affilié à la CGSP pour non-respect d'une ordonnance de justice lors de la première des deux journées de grève sur le rail organisées par les syndicats francophones les 6 et 7 janvier derniers laisse un goût amer au syndicat socialiste qui assure qu'il "n'en restera pas là".

"Nous étudions actuellement avec nos juristes ce qu'il convient de faire mais ce qui est certain, c'est que nous ne laisserons pas tomber notre militant", a expliqué Serge Piteljon, secrétaire national de la CGSP-Cheminots. "Nous sommes occupés à relever toute une série d'éléments troublants, dont le fait que rien n'a été signifié le jour-même par l'huissier. Par ailleurs, de nombreux témoignages viennent contredire la version des faits présentées par la direction", a poursuivi le responsable du syndicat socialiste selon qui cette astreinte constitue sans conteste "une atteinte directe au droit de grève". Selon Infrabel, cité par L'Echo, l'huissier aurait constaté que le cheminot incriminé et d'autres grévistes empêchaient les agents d'Infrabel, dont un directeur, d'accéder au bâtiment du "traffic control" à Bruxelles. Le cheminot aurait bousculé le directeur et aurait eu un comportement violent à l'égard d'une femme enceinte, conduisant l'huissier à signifier l'ordonnance et à dresser le constat. "Si le militant à qui l'astreinte a été imposée réfute les faits qui lui sont reprochés, il peut évidemment contester la décision et c'est le juge des saisies qui tranchera", a pour sa part commenté Bruno-Henri Vincent, avocat spécialisé en droit du travail au sein du cabinet Litis S. "Le recours aux astreintes n'a pas été inventé hier. C'est un procédé courant et l'arme fatale dont rêvent tous les employeurs. Mais les syndicats ont également appris à contourner le système", en organisant notamment des piquets "tournants" qui permettent aux grévistes sous la menace d'une astreinte de quitter un piquet tout en étant immédiatement remplacés par d'autres militants, a poursuivi Me Vincent. La CGSP-Cheminots devrait quant à elle décider "rapidement" des suites juridiques à donner à cette affaire. (Belga)

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