ArcelorMittal veut céder des activités belges pour acquérir l'italien Ilva

13/04/18 à 15:36 - Mise à jour à 16/04/18 à 11:45

Source: Belga

Les responsables d'ArcelorMittal ont annoncé jeudi que les lignes mises dans la balance dans le cadre du rachat du site intégré italien d'Ilva étaient les lignes de galvanisation 4 et 5 de Flémalle, ainsi que le site de Ferblatil à Tilleur, a-t-on appris de sources syndicales.

ArcelorMittal veut céder des activités belges pour acquérir l'italien Ilva

© Image Globe

Un consortium mené par ArcelorMittal, l'italien Marcegaglia et la banque Intesa Sanpaolo avait été choisi en juin 2017 par le gouvernement italien pour reprendre le sidérurgiste Ilva pour 1,8 milliard d'euros. Un montant qui s'accompagnait de 2,4 milliards d'investissements pour relancer une société placée sous tutelle de l'Etat depuis 2015, Ilva possédant la plus grande aciérie d'Europe à Tarente.

Le 22 mars dernier, les organisations syndicales avaient été averties par la direction du cluster Gand-Liège que l'Union européenne imposerait à ArcelorMittal de céder des sites ou des lignes afin que le géant de l'acier n'exerce pas le monopole sur certaines niches ou produits. La direction s'était contentée d'annoncer que le bassin sidérurgique liégeois serait concerné sans avancer pour autant des sites précis.

C'est ainsi que les lignes de galvanisation 4, qui sera remise en activité le 21 juin, et de galvanisation 5 étaient pressenties de même que la ligne de peinture et Eurogal à Ramet. Ce jeudi, la direction a confirmé que les lignes de galvanisation seraient cédées et a ajouté que le site de Ferblatil à Tilleur (Saint-Nicolas) était également concerné.

Ces sites ont d'ailleurs récemment été visités par des représentants de NLMK, entreprise sidérurgique russe, déjà présente à La Louvière et Clabecq. Cette visite, intervenue quelques jours seulement après l'annonce de cession du site, confirme l'intérêt russe pour les lignes liégeoises.

L'UE se positionnera le 23 mai prochain sur le package proposé par ArcelorMittal, la commission européenne ayant déjà annoncé son intention de veiller à ce que des garanties soient apportées par le repreneur intéressé par les lignes mises dans la balance, l'opération devant être bouclée d'ici fin 2019.

La CSC Metea a déjà réagi à cette annonce et estime que la direction d'ArcelorMittal devra assumer ses responsabilités, à savoir le maintien des 400 emplois concernés mais également le maintien des revenus, des avantages et acquis sociaux sans oublier la pérennité des installations. Elle souhaite obtenir un plan industriel solide et détaillé ainsi que l'impact direct sur l'activité concernant la provenance des matières premières, le volume de production ou encore la commercialisation des produits.

"En cas de défaillance sur l'un ou l'autre de ces points, le régime de la responsabilité solidaire devra s'appliquer, c'est-à-dire qu'ArcelorMittal devra suppléer en cas de défaillance du repreneur. Nous nous battrons pour que ce point figure dans l'accord de reprise entre les parties", annonce la CSC Metea.

La Belgique "émascule" la sidérurgie liégeoise

La FGTB Métal Liège-Luxembourg qualifie l'annonce de la vente des lignes de galvanisation à Liège par ArcelorMittal comme "la plus mauvaise solution".

Le syndicat socialiste déplore un choix qui a, selon lui, été au moins partiellement approuvé par le gouvernement fédéral. "Les accords qui ont mené à la constitution des groupes Arcelor, puis ArcelorMittal, prévoyaient que toute décision de rapprochement avec d'autres sidérurgistes devait être cautionnée par les gouvernements des pays concernés", souligne le communiqué de la FGTB.

Un choix d'autant plus regrettable que les sites liégeois sont "très largement rentables", poursuit l'organisation, qui dénonce la concrétisation du "vieux rêve d'éradication de toute sidérurgie à Liège" de la Flandre et du Luxembourg.

Pour sauver une sidérurgie liégeoise "émasculée", la FGTB exige un repreneur "solide, qui ait déposé un plan industriel précis et explique, preuves à l'appui, comment il compte non seulement pérenniser, mais aussi renforcer les outils qu'il rachètera".

L'entreprise sidérurgique russe NLMK, déjà présente à La Louvière et Clabecq, a fait part de son intérêt pour ces sites.

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