ArcelorMittal : 1.300 emplois menacés, les syndicats appellent à la grève

24/01/13 à 11:11 - Mise à jour à 11:11

Source: Trends-Tendances

La direction d'ArcelorMittal a annoncé, au cours du conseil d'entreprise extraordinaire de ce jeudi, son intention de fermer sept des douze sites de la phase à froid. Les syndicats ont lancé un appel à la grève sur tous les sites du groupe sidérurgique. Depuis Davos, Elio Di Rupo a fait part de son soutien "aux travailleurs et leurs familles".

ArcelorMittal : 1.300 emplois menacés, les syndicats appellent à la grève

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La direction d'ArcelorMittal Liège a confirmé ce jeudi, lors d'un conseil d'entreprise local, son intention d'arrêter définitivement un certain nombre d'installations de la phase à froid "en raison de la dégradation de l'économie européenne induisant un faible niveau de demande pour ses produits", explique-t-elle dans un communiqué.

Les organisations syndicales comptent bien manifester leur désapprobation à la suite de cette annonce qui concerne 1.300 des 2.700 emplois du site. "Nous allons mettre sur pied un plan d'actions syndicales", a affirmé un des représentants à sa sortie de la réunion.

Plusieurs assemblées générales du personnel se tiendront lundi sur les différents sites. Les représentants syndicaux vont aussi interpeller les responsables politiques à qui ils reprochent leur inertie. D'autres actions syndicales sur d'autres sites ne sont pas à exclure.

Depuis Davos, le Premier ministre Elio Di Rupo a réagi à cette annonce. "Nous soutenons les travailleurs et leurs familles. Les travailleurs et les autorités ont déjà fait beaucoup d'efforts pour maintenir l'activité d'ArcelorMittal dans notre pays", a-t-il déclaré, assurant que le gouvernement fédéral se tiendra aux côtés du gouvernement wallon dans ce dossier.

Depuis octobre 2011, lorsque la direction avait annoncé l'arrêt définitif de la phase liquide, les perspectives économiques se sont encore détériorées. "La demande d'acier en Europe a chuté de 8-9% en 2012 par rapport à l'année précédente et est actuellement 29% en dessous des niveaux d'avant crise. En conséquence, il n'y a pas de demande suffisante pour supporter la continuité des installations flexibles de Liège et aucune amélioration n'est prévue à moyen terme", détaille la direction qui précise que, "malgré la fermeture des hauts-fourneaux, le site de Liège a accusé une lourde perte opérationnelle de plus de 200 millions d'euros pour les neuf premiers mois de 2012".

Six lignes flexibles sont menacées : le Train à Large Bande de Chertal, une des deux filières du laminage à froid de Tilleur, les lignes de galvanisation 4 et 5 de Flémalle et les lignes d'électrozingage HP3 et HP4 de Marchin. L'entreprise a également l'intention d'arrêter définitivement la cokerie (de Seraing) "qui n'est plus viable en raison des excès de capacité de production de coke en Europe."

Dès lors, 1.300 emplois sont menacés par ce projet de restructuration, a concédé la direction. "La direction s'engage à rechercher une solution socialement acceptable pour les personnes concernées."

"Nous reconnaissons que cette annonce est très difficile pour les membres du personnel de Liège, particulièrement dans un délai aussi proche de l'annonce de fermeture de la phase liquide. Nous avions espéré que cette fermeture soit suffisante pour nous adapter à la demande réduite", a déclaré Bernard Dehut, le PDG d'ArcelorMittal Liège.

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