Allemagne: procès pour faillite frauduleuse de l'ex-patron de Schlecker

06/03/17 à 13:33 - Mise à jour à 13:34

Source: Belga

(Belga) L'ancien patron des drogueries Schlecker, qui ont mis la clé sous la porte il y a cinq ans laissant 25.000 salariés sur le carreau, doit répondre depuis lundi devant un tribunal de Stuttgart de faillite frauduleuse.

Le patriarche de 72 ans, Anton Schlecker, encourt une peine de prison ferme pouvant aller jusqu'à dix ans. Mais l'ancien propriétaire de cette entreprise familiale, qui fuit la vie publique et les médias, a nié les accusations au premier jour d'un procès prévu pour durer sept mois devant le tribunal de cette ville du sud-ouest de l'Allemagne. Dans cette affaire complexe, il lui est reproché d'avoir mené délibérément à la faillite son groupe. L'accusation affirme notamment qu'il a sciemment dissimulé des biens qui auraient dû être mis à la disposition des créanciers comme c'est le cas lors d'une faillite. Il a également dissimulé plus de 20 millions d'euros via de multiples "dépenses": l'acte d'accusation évoque notamment de luxueux voyages des enfants Schlecker pour 60.000 euros, des cadeaux d'un montant de 800.000 euros pour les petits-enfants et la rénovation d'un appartement pour un million d'euros. Le parquet l'a en outre accusé d'avoir livré de fausses informations sur le bilan de sa société au tribunal de commerce. Sur le banc des accusés figurent également sa femme, Christa, et leurs deux enfants, Lars et Meike, ainsi que deux contrôleurs des comptes. L'empire fondé en 1975 a été à son apogée la plus grande chaîne de drogueries en Europe avant de devenir la plus grosse faillite de l'Après-guerre en Allemagne, selon un syndicat. Schlecker souffrait d'une image vieillotte et d'une concurrence féroce de chaînes concurrentes. L'Allemagne s'était beaucoup émue à l'époque du sort des "femmes Schlecker", vendeuses et caissières souvent âgées et employées à temps partiel dont le reclassement sur le marché du travail s'avérait problématique. Aucun repreneur n'avait pu être retrouvé et en juin 2012, tous les magasins en Allemagne avaient dû définitivement tirer le rideau après avoir bradé tous les produits vendus en rayon, du papier toilettes aux shampoings. (Belga)

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