AB InBev s'est offert la Karmeliet et la Kwak pour 210 millions d'euros

28/06/17 à 18:53 - Mise à jour à 29/06/17 à 11:46

Pendant presque un an, le marché de la bière a spéculé sur le prix payé par AB InBev pour la Brasserie Bosteels, le producteur de la Triple Karmeliet et de la Kwak. Le montant est aujourd'hui connu: 210 millions d'euros, soit près de 14 fois le flux de trésorerie opérationnel (ebitda) de la brasserie de Buggenhout.

AB InBev s'est offert la Karmeliet et la Kwak pour 210 millions d'euros

Antoine Bosteels et Ivo Bosteels © BELGA

AB InBev a acquis deux brasseurs en Belgique l'an dernier. Ce qui lui a fameusement coûté. Le montant d'acquisition le plus étonnant est celui de 2,1 millions d'euros, c'est ce qu'a payé le groupe brassicole mondial pour Ginette, un brasseur de bières biologiques du Brabant flamand. L'entreprise qui la commercialisait est Organic Tribu SA qui, selon le dernier bilan déposé (de 2015), avait un total de 63.543 euros et une marge brute de 11.545 euros. AB InBev a clairement mis beaucoup d'argent sur la table pour un marché dont l'avenir est plein de promesses, celui des bières biologiques. Mais Ginette doit encore concrétiser beaucoup de promesses. Selon certains communiqués médiatiques, la marque est en outre boycottée depuis son arrivée dans les mains d'AB InBev en octobre.

La solidité financière de Bosteels

La brasserie Bosteels a elle des chiffres plus solides. Le brasseur des marques Karmeliet, Kwak et Deus grandit à vue d'oeil. Lors de l'année comptable 2011-2012, Bosteels avait enregistré un chiffre d'affaires de 20,5 millions d'euros pour un ebitda de 6,7 millions. En 2015-2016, ces montants ont grimpé à respectivement 33,4 et 15,3 millions d'euros.

AB InBev a acquis le brasseur début septembre pour 210 millions d'euros, soit presque 14 fois l'ebitda du bilan 2015-2016. Malgré la belle croissance de Bosteels, cela reste un prix élevé. À titre de comparaison, la reprise de SABMiller par AB InBev s'est négociée dans une même logique (13 fois l'ebitda), mais pour un acteur beaucoup plus important (le numéro deux mondial).

Les brasseurs belges sont clairement convoités. L'an dernier, la brasserie Palm est notamment passée dans des mains étrangères. La famille brassicole néerlandaise Swinkels (Bavaria) a acquis la brasserie Palm pour 79 millions d'euros, soit 17 fois l'ebitda, un joli prix pour l'ancien actionnaire principal Jan Toye. Mais la brasserie Bosteels est clairement une affaire plus rentable.

Perte de part de marché

AB InBev va néanmoins devoir vendre énormément de Karmeliet et de Kwak avant de récupérer l'investissement. Sur le marché belge, le leader du marché est certes en difficulté. Le marché global de la bière a régressé de 3,6% l'an dernier, mais chez AB InBev, la diminution de volume a été de 4,3%. Le brasseur a enregistré un total de vente de boissons (produits de tiers inclus) de 4,7 millions d'hectolitres.

Les prévisions à long terme ne sont pas favorables: le marché belge de la bière va continuer à se détériorer, ce qui conduira à une concurrence plus féroce. Les bières spéciales acquises à prix fort, comme Karmeliet, offrent une réponse aux tendances à la baisse sur le marché de la bière.

Il y a une lueur d'espoir: le mois de juin de cette année, contrairement à celui de l'an dernier, a été particulièrement sec et chaud. Grâce aux températures tropicales, la Fédération belge des distributeurs en boissons (FEBED) a observé une augmentation d'un dixième des ventes de bière en ce mois de juin.

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